MENUS DE LA SEMAINE 14

Décidément, nous vivons dans un monde de contradictions.
Cela fait des années que certains ne cessent de nous prévenir :

Attention, nous allons être victimes d’un réchauffement climatique sans précédent,
A quoi d’autres répliquent :

Nous n’avons pas encore les preuves scientifiques du réchauffement. »

Actuellement, les esprits ont enfin évolué, et c’est justement au moment même où on commence à admettre que le fameux réchauffement n’est pas une simple vue de l’esprit que la nature vient y mettre son grain de sel.

Quelques jours de froid intense en plein mois de mars, avec quelques nuits aux alentours de – 10°C et voilà les espoirs de récoltes qui s’envolent.

Allez ensuite faire croisade pour le réchauffement climatique, quand la nature elle même semble se liguer contre vous !

De quoi y perdre son latin, exception faites de ceux qui ne perdent pas le Nord et qui annoncent « une augmentation substantielle des prix » en se frottant les mains ; est-il bien nécessaire de le préciser !

On s’en serait douté.

Allons faire un petit tour sur le marché de Mulhouse.
J’aime à rappeler qu’il compte parmi les plus grands marchés d’Europe.

Il me semble aussi utile de rappeler que les Français ne vivent ni à la même heure, ni dans la même saison.

L’autre jour, j’ai téléphoné à un ami qui habite la Bretagne.
Pendant notre discussion le soleil s’étira une dernière fois avant de se coucher.
Chez nous, il brille encore me déclara mon correspondant.
Une heure entière de décalage entre Mulhouse et Brest !
Et pendant que l’on cueille allègrement les asperges cuvée 2021, là-bas, dans le Sud, chez nous en Alsace, nos asperges se posent la question du bien fondé d’une grasse matinée.

Parlons légumes :

Comme annoncé, on trouve quelques asperges sur le marché de Mulhouse au prix moyen de 15 € du kilogramme.

Navet, céleri rave, commencent à tirer sur les fins. Rutabaga et radis noirs deviennent de plus en plus rares.
Seuls les choux tiennent encore la route.
Je parle bien sûr des légumes « bien de chez nous » car si vous y mettez le prix et que vous acceptiez d’ignorer le bilan carbone, vous trouverez les premières carottes nouvelles, courgettes et poivrons.
N’oubliez pas de profiter des fenouils.

Les fruits :

Maintenant on trouve :

– l’ananas avion
– la mangue venue à tire d’ailes
– les clémentines ollé ollé
et si vous y mettez le prix, qui sait, l’hôtesse vous gratifiera d’un beau sourire en prime.

– Tout arrive par avion, exceptés les passagers qui doivent montrer pattes blanches : pardon je voulais dire attestation de non virosité (les mots nouveaux sont du dernier cri.)

Les viandes :

– le porc reste une valeur sûre.
– le veau pense avec tristesse à la Pentecôte qui le mettra en valeur en lui coûtant la vie.
– la saison des boudins s’achemine lentement sur sa fin( j’allais écrire faim!).
– les volailles sont toujours présentes.
Que direz-vous d’une petite fricassée ou d’un coq au Riesling ?

Les poissons :

Là j’ai un problème.
Les pêcheurs ont du mal à vendre car les restaurateurs ont fermé boutique.
Les prix s’effondrent, mais devant l’étal du poissonnier, on ne voit rien de cette baisse.
Avril : mois en « r » pensez aux moules et coquillages.
Il faudra d’ailleurs en parler un jour de ce coup des mois en « r ».

Les desserts :

Soyez encore patients ( comme dit le médecin). Pour le moment on s’en tire à meilleur compte avec les surgelés..

Ainsi va la vie, avec son rendez-vous hebdomadaire au marché.
On y retourne non pas seulement pour acheter, mais aussi pour y rencontrer des amis.

Allez : le bonjour chez vous.
A la semaine prochaine.

Pour les recettes : utilisez le moteur de recherche du site.

Les illustrations photographiques sont soumises à © Jean-Paul Brobeck alias Papy Jipé

La grande halle du marché de Mulhouse

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