SOUPE A LA TOMATE FACON PAPY jIPE

Une petite histoire pour commencer :

L’autre jour, nous étions quelques amis, réunis autour d’un verre.
Le sujet de la discussion : l’intuition
ou autrement dit :
qu’est ce qui nous conduit à inventer un nouveau plat, ou une nouvelle façon de travailler ?

Sujet vaste et délicat, car chacun possède son propre vécu.

La discussion durait, durait d’autant plus que le vin était de bonne (très) bonne qualité.
Chacun défendait sa façon de voir. (non pas boire)
Alors, j’ai raconté l'anectode de l’une de mes dernières inventions :
la soupe à la tomate.

Vous parlez d’une invention !
Elle existe depuis que Christophe Colomb nous a rapporté les tomates.

Mais voilà : il y a un « truc » qui s’est passé et c’est ce « truc » qui a fait que ma soupe à la tomate n’était pas comme les autres.

Venez, je vais vous raconter. ( mamy apportez un verre)

Ce jour-là j’étais en train de fabriquer une assez grosse quantité de concassé de tomate ( voir ICI)

La première étape consiste à monder les tomates, c’est-à-dire à le débarrasser de leur peau.

Je ne suis pas radin, ça non, mais, j’ai quand même une sainte horreur à jeter ; ne fussent d’ailleurs que des peaux de tomates.

J’ai donc réservé mes peaux de tomate dans un récipient.
Surtout qu’il y en avait beaucoup
 

Le concassé de tomate terminé, il me restait tout ce que j’avais gardé : c’est-à-dire les peaux de mes tomates, l’intérieur : graines et masse gélatineuse.

Que faire avec tout cela ?
Pourquoi ne pas en faire un potage ?

Donc, suivant la progression classique de chez classique, je commence par faire suer des blancs de poireaux finement émincés.
Je rajoute quelques feuilles de céleri branche et quelques parures d’échalotes que j’avais ciselées.

Le tout est sué tout doucement dans un peu d’huile d’olive.

Ensuite, je rajoute mes peaux de tomates et tout ce que j’avais retiré de l’intérieur de mes tomates.

Un peu de thym, laurier, quelques tiges de basilic
Et nous voilà partis.
Pas même besoin de rajouter de l'eau.

Mais où est ton invention Papy ?
Attendez !

Arrivé en fin de cuisson, je prends le mixer que je plonge dans ma casserole.
Puis fidèle à mes habitudes, je plonge le mixer dans le chinois et je repasse le potage pour le filtrer finement

Et je me suis retrouvé devant un potage qui m’a tout d’abord surpris par sa couleur, mais alors un rouge à faire pâlir les camions de pompiers.

Seconde surprise, quand je l’ai goûté. Je n’ai jamais mangé un potage aussi corsé en goût de tomate à croire que goût et couleur se concentrent de préférence dans la peau.

Vous parlez d’une invention !
Mais, depuis ce jour, quand il me prend l’envie de manger un bon potage de tomate, je m’arrange toujours de faire en sorte de disposer de belles pelures de tomates.

Non, je ne suis pas radin et d’ailleurs je pense que les radins sont des gens à plaindre.
Ils ne se donnent pas les moyens et puis ils se plaignent.

Essayez.
Cela vous coûtera quelques peaux de tomates et un peu de gaz.
Pas de quoi faire faillite.

Pas de photos pour illsutrer cet artcile.
Vous ne savez pas à quoi ressemblent les tomates ?

Mais, vous penserez à moi pour sûr.

Passer à la postérité
Pour quelques peaux de tomates.
C’est pas beau ça ?

Pour terminer sur une note plus sérieuse, car nous parlions d’intuition, ne l’oublions pas,

il me semble que les intuitions sont en réalité le fruit d’un long travail de préparation.
Je pense volontiers à un travail qui se fait presque de façon inconsciente en sourdine.
Une intuition est une mise en relation de faits qui n’ont apparemment pas de lien disons logiques.
Ce qui compte, c’est d’être attentif, c’est de ne pas laisser échapper cette opportunitéqui se présente à nous.

L’analyse vient en second lieu quand on cherche à comprendre.
C’est à ce moment-là que l’on mobilise les connaissances que l’on a accumulées.
Cette vigilance ne devrait jamais cesser.
C’est  elle qui permet de lutter contre les habitudes et les fausses certitudes.

 

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