Apprendre un métier.

Apprendre un métier

Pour apprendre un métier, on peut suivre les cours d’une école, d’un lycée…
On peut aussi entrer en apprentissage chez un patron.

Rien ne vaut le contact avec la vie réelle, mais on ne peut se passer d’une connaissance théorique.
Le pourquoi et le comment.
Ils sont indubitablement complémentaires.

Patrons d’un côté, professeurs de l’autre côté ; il faut les deux sources d’informations. Mais les intérêts des uns ne sont pas toujours ceux des autres.
Le patron, quand il possède un tour de main, quand il a mis au point une recette bien à lui, n’aura pas intérêt à divulguer ses connaissances. Il en vit.
Le professeur, lui est justement payé pour transmettre un maximum de connaissances.
On ne s’entend donc pas forcément.

L’idéal semble donc la formation par alternance : périodes chez le patron et périodes dans les écoles.

Mais ce système est avant tout basé sur le respect, sur la complémentarité et force est de constater que ce n’est pas toujours le cas. Le renouvellement annuel des élèves offre un stock de main d œuvre régulier…inépuisable.

Le compagnonnage :

Il existait un système qui a donné (et qui donne toujours) de bons résultats : le compagnonnage.

Un jeune entre comme apprenti chez un maître. On pourrait presque dire que le jeune devient en quelque sorte «  disciple ».
Le patron travaille avec son apprenti, et c’est dans le quotidien, que le jeune apprend. Il apprend donc :
« la façon de travailler du patron ».

Il apprend et les bonnes choses et les déformations du patron ; c’est pourquoi, quand le patron estime avoir transmis sa part, il adresse l’apprenti (qui a peut-être déjà acquis le statut de compagnon), à un autre patron possédant d’autres méthodes.

Et c’est en voyageant, en faisant «  son tour de France » que le jeune va parfaire sa formation. On pourrait presque dire qu'un faisant sontour de France le jeune fait en quelques sorte le tour de son métier

Cette formation est longue, mais très riche, car le jeune va acquérir une vue d’ensemble sur les méthodes du métier à travers les différentes façons de travailler de ses patrons.

Cette manière d’apprendre un métier est avant tout une philosophie de vie. Elle sera couronnée par la réalisation d’un chef d’œuvre » qui permettra au jeune de prouver ses connaissances et d’accéder à son tour, au titre de maître.
Ce faisant, le jeune sera chargé à son tour, de transmettre ses connaissances. Transmettre ce que l’on a reçu. La vie comme une course en relai où chacun est chargé de recevoir, d’enrichir avant de redonner.

Un beau système : un système très efficace.

Dommage !

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit, car je suis persuadé que le compagnonnage est véritablement un bon système qui développe à la fois, les savoir faire et les savoir être.

Le système n’est malheureusement plus adapté à notre monde actuel où tout va trop vite, ou on se contente d’une approche superficielle. Notre système actuel, même s’il s’en défend, est avant tout pourvoyeur de chômeurs. L’éducation nationale n’a que rarement les moyens. On a coupé les ailes des professeurs. Je parle en connaissance de cause pour avoir été prof les 37,5 années obligatoires. Pour faire du bon travail, du travail dicté par ma conscience, il a fallu que j’aille souvent à l’encontre des règlements élaborés par des bureaucrates qui n’ont aucune connaissance du métier.

Il est possible à l’heure actuelle d’ouvrir une école de…..
Il suffit de posséder les moyens de financements.

Une exception.

En Alsace, il existe encore un examen qui confère le titre de « maître ». Le brevet de maîtrise était exigé pour avoir le droit d’engager un apprenti.

Petite anecdote (triste) pour finir.

Un jour je suis jury dans un CAP. Je vois arriver un « collègue » habillé en tenue de cuisinier. Nous faisons le tour de la cuisine et nous échangeons des propos sur les candidats.
Je vois le collègue qui note, disons : très sévèrement.

Je me dis que pour se permettre de noter de cette manière, il est certainement être un cuisinier de grande réputation et je lui explique les difficultés des professeurs.

Quelques jours plupart, les examens de CAP continuent et je revois mon « collègue ». Bizarre, il est venu avec sa caisse à outils.

Je l’interroge et il m’explique qu’il vient passer son CAP !

Enquête faite :

Le «collègue » en question avait touché une prime de licenciement qui lui avait permis d’acheter un café restaurant au fond de la campagne. Son nom figurait donc sur la liste des propriétaires de restaurant et il avait donc été convoqué pour être jury.

d’un examen…. qu’il ne possédait pas.

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