PIERIDE DU CHOU

Voilà plusieurs mois déjà que je suis handicapé, cloué bien malgré moi, dans un fauteuil à roulettes.
Je découvre à ma façon, la phrase de Pierrette qui disait :

«  adieu veau, vache, cochon, couvées »

Pour moi, ce sera :

Adieu promenades, jardinage, photographies…

Quoique !

On peut toujours faire de la prise de vues photographiques à partir d’une chaise à roulettes.
Il suffit de choisir le sujet.
Il suffit aussi d’adapter son matériel.
Les grands boîtiers reflex avec leurs objectifs parfois très lourds resteront encore pour un certain temps au repos, car on ne peut être à la fois au four et au moulin.

Traduction :

On ne peut demander aux mains d’assurer la traction et de prendre en même temps des photos.

J’ai donc opté pour un  appareil bridge plus léger : le SONY RX 10 M IV.

Alors, l’autre jour, j’ai profité d’une belle lumière pour m’installer dans le jardin et me payer une bonne séance de prise de vues comme on se paie un bon repas.

J’ai joué avec un papillon blanc, vous savez, celui qui est très commun dans les potagers : le papillon des choux : la piéride du chou.

Mes connaissances d’entomologiste sont très limitées, c’est pourquoi j’ai consulté Wikipédia.
Je vous encourage à le faire en cliquant ICI.

Après la prise de vue en Raw, il reste le plaisir du développement.
C’est un autre plaisir, mais il compte beaucoup

Je vous offre donc cette galerie de 17 photographies, témoin d’un moment privilégié entre une piéride du chou et un photographie.

Les photographies sont protégées par ©

 

LES TOMATES : DIFFICILES A DETERMINER

Aussi loin que remontent mes souvenirs, il me semble que dans ma famille, nous avons toujours cultivé un potager.
Mon père a repris celui du grand-père.
Et quand j’ai construit ma maison, j’ai pris soin de prévoir, dès l’achat du terrain, la place pour un potager.

Mais la vie nous réserve son lot de surprises.
La mienne m’a conduit à changer de région.
Mon métier m’obligeait à habiter sur place, en  ville, alors j’ai de faire mon deuil du jardinage, du moins pendant quelques années.
Mais dès la retraite, mon souhait le plus impératif a été de retrouver un coin de terre pour y cultiver mes légumes et quelques fleurs : paix des ménages oblige.

Mon bonheur est de partir de la graine.
Quand je regarde une petite graine, je ne peux m’empêcher de penser au miracle qu’elle représente.
Une si petite graine qui renferme, non seulement toutes les informations, mais aussi tout ce qu’il faut pour faire renaître la Vie.
Un peu d’eau, un peu de soleil, et la Vie qui n’était qu’endormie, se réveille.
C’est la magie de la Belle au bois dormant, mais en vrai, en tangible.

Quand on l’analyse ce phénomène de transmission de la Vie, on s’aperçoit que  cette alchimie se révèle très subtile.
Elle nécessite que soit réalisé un certain nombre d’adéquations :

Adéquation entre les plantes et la terre nourricière, adéquation entre la terre et les conditions météorologiques, mais également adéquation entre le jardinier, sa terre et ses rêves.

Car un jardin, qu’il soit potager et d’agrément, commence toujours par un rêve.
Ne pas rêver, c’est comme partir sans destination, sans but.

Alors, il existe des terres qui nécessitent non seulement que l’on rêve très fort, mais elles exigent que l’on se retrousse ses manches, que l’on sue beaucoup.
Il en est d’autres qui sont des terres faciles, des terres dans lesquelles tout réussit.
Heureux le jardinier qui possède une terre comme celles-là.

Excusez-moi, mais je suis un jardinier spécialisé ou alors un jardinier spécial.

C’est vous qui voyez comme diraient les humoristes.

Je suis un « fada de tomates. »

Cela a commencé pour des pures raisons d’économie.
Papa achetait toujours des plants de tomates au marché.
Il prenait donc ce qu’il trouvait.

Quand je pris la suite, je rêvais de tomates différentes, vertes, jaunes, petites ou grosses.
Ces tomates là n’existaient pas en plants, il fallait les semer soi-même.
Et voilà comment je suis devenu accroc aux graines de tomates.
Quand je visite une ville que je ne connais pas,  il y a deux endroits que je visite de façon privilégiée, le marché et les magasins de graines.
Je trouve mon bonheur d’un côté comme de l’autre.

J’ai commencé par semer 15 variétés de tomates. L’année suivante, j’ai rajouté quelques variétés supplémentaires.
Cette année, j’ai du promettre à mon épouse de lever le pieds. Je me suis donc cantonné à 37 variétés

Et il faut voir le travail.
Il début fin février quand je sème les graines avec mon pince à épiler.
Puis, j’aligne mes bouteilles qui me servent de pot sur le rebord des fenêtres.
J’ai heureusement 18 mètres de rebords en plein côté Sud.

De repiquages en repiquages, mes plants finissent par grandir.
J’en ai même qui fleurissent parfois.
Après les Saints de Glace (25 mai en Alsace) mes plants sont transplantés dans le potager.

Vient le travail de coupe des gourmands et les arrosages.
Je récolte généralement mes tomates dès mi juin à mi juillet. Tout dépend de la météorologie.

Il ne reste plus :

– qu’à récolter
– qu’à préparer la sauce tomate, les tomates farcies, le coulis de tomates

– qu’à rentrer en fin de saison les tomates vertes dans le noir pour les faire mûrir.

Mais j’ai un problème :

J’essaie d’avoir une démarche scientifique. Je mets des étiquettes partout, sur les plants, sur les supports…

et pourtant

J’ai  parfois du mal à retrouver l’identité de mes tomates, surtout quand elles sont issues de graines que j’ai fabriquées moi-même.

Je ne peux empêcher les abeilles de butiner, donc de féconder.
Je me retrouve donc avec des hybrides, quand elles veulent bien pousser.

Alors si vous reconnaissez une tomate qui porte un faux nom aidez-moi SVP.

Quelques exemples parmi mes tomates 2019.
Les photographies sont protégés par  © Papy Jipé

Tomate Elberta peach :
Tomate de taille moyenne.
Belle apparence
Goût moyen.

Tomate Yellow Pear
Tomate en forme de petite poire.
Je la classerai plutôt dans les tomates genre tomates cerises.
Goût agréable.


Tomate russe.

Le rouge tire sur le brun. Tomate grande taille
Elle est charnue
Goût : bon.


Tomate noire de Crimée.
Selon la météo, la peau est souvent épaisse et dure
Bon goût
Couleur inhabituelle.


Tomate Old German.
Elle rappelle la tomate ananas
Fruit pouvant devenir très gros.
Goût excellent.


Tomate Cherry sweet
.
Ici encore verte

Très productive
Très bon goût.

Différentes tomates cerises plus ou moins allongées
Bonnes pour l’apéritif.


Tomate Zapotec.
Forme en aumonière.
Fruits pouvant devenir volumineux.
Très bon goût

ANECDOTE : L’ENTENDE CORDIALE

« La guerre est faite par des gens qui ne se connaissent pas, au bénéfice de gens qui se connaissent mais qui ne se battent pas. »

Avec l’âge, on a de plus en plus de mal à se souvenir des mots exacts des citations, par contre, on se souvient beaucoup plus facilement du « fonds ».
Que voulez-vous, la Vie nous a appris à faire le tri, à coups  dans le dos.
à coups de guerres aussi.

Et des guerres, il y en a eu beaucoup, je dirais même  trop.
Et, je pense que  les alsaciens  ont peut-être plus de raisons que d’autres de pouvoir s’exprimer.

Ils étaient aux premières loges :

– en 1870, quand la France a été envahie et que les français alsaciens avaient le choix de changer de nationalité ou de tout quitter.
– et on a remis cela en 14/18 : nouveau changement de nationalité avec le retour à la France .
– en 39/45, ils passent de la nationalité française à la nationalité allemande, pour redevenir français à la fin des hostilités.

A l’époque, les alsaciens furent « réintégrés » dans la mère patrie.
Je garde précieusement la « feuille de réintégration » de mon père.
Sans ce petit bout de papier, il serait apatride.

Je la garde précieusement, pour des raisons historiques certes, mais aussi comme une preuve, si d’aventure un autre président de la République se posait la question de savoir si Colmar est bien en France.

Mais, j’aimerais revenir sur l’histoire de mon père.

Il était née en 1910 ; donc à 4 ans, il aurait du fréquenter l’école allemande.
Pas de chance, Xavier, au moment où tu es venu frapper à la porte de l’école, elle était fermée pour cause de guerre.

En 1918, tu avais 8 ans, tu ne savais encore ni lire ni écrire et quand tu es retourné à l’école, elle était bien ouverte, mais on y parlait une langue que tu ne comprenais pas.

« Tant pis », comme disait le grand père : « ils ne veulent pas de nous ».

Alors, à 10 ans, il t’a inscrit dans l’usine où il travaillait et tu partais à six heures chaque matin, comme un homme que tu n’étais pas encore.

« On » s’est chargé de t’éviter de rêver.
Pour ton bien, évidemment.

En 1930, tu es parti faire ton service militaire pendant deux ans.
En 1939, c’est pendant ton voyage de noces, que l’on t’a remis ta feuille de mobilisation. Tu es parti pour cinq ans.
Tu es revenu à pied du fin fond de la Russie, à Mulhouse.
Une bagatelle !
Sept ans de ta vie consacrés à la patrie
Une bagatelle que je vous dis.

« La guerre est faite par des gens qui ne se connaissent pas, au bénéfice de gens qui se connaissent mais qui ne se battent pas. »

Même une guerre, la plus féroce finit par se terminer.
Alors du jour au lendemain, les ordres changent et les gens qui viennent de s’entre-tuer sont désormais priés de s’embrasser.

Nouvelle époque.
Nouvelle politique.
Il faut tout faire pour oublier la guerre.
Jusqu’à la prochaine…

Moi, je suis le fils d’un homme illettré.
Quand j’ai voulu commencer des études, mon père m’a parlé d’usine.
Il disait :
 « la place d’un fils d’ouvrier est l’usine. »

Quand j’ai passé mon premier bac, je n’ai lu la moindre fierté dans les yeux de mon père.
Il n’a jamais su que j’ai passé mon second bac avec mention.
Il était mort quelques mois trop tôt.
Il n’a jamais su que j’ai passé mon permis de conduire, le jour de son enterrement.
Papa ne savait pas conduire.
D’ailleurs comment aurait-il pu acheter une voiture avec son salaire de misère ?

Dommage papa !
Grâce à la guerre, nous ne parlions plus le même langage.
C’est peut-être à cause de Stalingrad, dont tu ne m’as jamais parlé, que nous voyons le monde autrement.

Dommage papa !
Si tu vivais encore, je t’aurais dit :

« Viens assieds-toi, je vais te raconter »…
Qui sait ? Mon histoire t’aurait peut-être fait enfin sourire.

Voilà, fils d’ouvrier, je n’ai eu d’autre possibilité, que de passer par une École Normale pour faire des études, aux frais de l’État.

Devenu orphelin en troisième année, l’année du second bac, je suis devenu instituteur par la force des choses.
Le système était bien pensé.
Les normaliens devaient signer un contrat avec l’état dans lequel ils s’engageaient à devenir instituteur pendant 10 ans.
L’école normale m’avait permis d’entrevoir plein de nouvelles choses, les sciences physiques et surtout naturelles, la langue allemande etc…

J’aurais pu continuer mes études, mais il aurait fallu rembourser mes études.
Le piège s’est refermé sur moi.

J’ai du attendre presque vingt ans avant de réaliser mes rêves.
J’avais 35 ans passés, quand je me suis remis au travail pour reprendre des études et devenir professeur technique en lycée hôtelier.

Je venais de passer vingt ans dans le primaire. J’avais même été détaché auprès de la Ligue Française de l’Enseignement avec un bureau en ville, syndicaliste, trésorier des assurances scolaires
Tout cela pour vous dire, que j’avais la tête bien sur mes épaules et les pieds bien sur terre.

J’étais donc professeur de cuisine dans un lycée hôtelier, quand la politique générale commença à parler de parrainage international entre les lycées.
Madame le proviseur (au fait dit-on proviseuse ? » proposa un double parrainage entre notre lycée et autre en Allemagne, un troisième en Grande Bretagne.

Étant bilingue de naissance et ayant passé des qualifications de traducteur interprète, je postulais pour encadrer les élèves lors du voyage au pays de Goethe.

C’est avec un grand sourire que la proviseuse m’annonça que ma candidature était refusée. C’est un prof venu du centre de la France et ne parlant pas le moindre mot d’allemand qui serait du voyage.

Pour me dédommager, et toujours avec le sourire, la proviseuse  m’annonça que j’étais chargé de recevoir les élèves anglais et de concevoir le repas de la fête finale.

Comme je suis un professeur obéissant, je me suis mis au travail.

Le jour aux les élèves anglaises devaient suivre un cours de technologie appliquée, j’ai décidé de leur apprendre comment on vide proprement et professionnellement un poulet.
J’ai donc commandé des poulets entiers, non vidés est-il bien besoin de le spécifier ?

Le cours n’eut jamais lieu car à la vue des poulets non vidés, les élèves en majorité féminines, partirent en courant en hurlant « salmonelles, salmonelles ! »
Il faut vous dire que de l’autre côté du Channel, les salmonelles sont une véritable phobie.

Quand on a de la suite dans les idées, l’affaire ne s’arrête pas en si bon chemin.

Restait le fameux repas festif

J’ai donc établi le menu avec un soin tout particulier.

Entrée : au choix

Escargots de Bourgogne
ou
Escargots au vert.
ou
Cuisses de grenouilles à la provençale.

Plat de résistance :

Steak de poulain et sa garniture
ou
Poulet aux champignons.
ou

Lapin à la moutarde.

Je vous laisse deviner la tête de Madame la Proviseuse.
J’ai contribué à ma façon à l’entente cordiale.

Alors, s’il était encore de ce monde, je lui aurait demandé :
« fais un petit sourire papa ! »
Mais, il avait peut-être perdu, pour toujours, l’envie de sourire.

 

LE PHOTOGRAPHE ET SES RESPONSABILITES

Voilà bientôt soixante-dix ans, que je m’adonne à ma passion : la photographie.

Quand je me retourne sur mon passé, je dois bien admettre qu’elle avait commencé d’une drôle de façon.
J’avais tout juste cinq ans, quand ô sacrilège, je mis la main sur l’appareil photographique de mon père.

A dire vrai, ce n’est pas la chose photographique qui m’intéressait, mais le fait que l’appareil, un Lumière 6×9, portait sur l’un de ses côtés, un petit bouton.
Bouton magique, je vous l’accorde, car il suffisait d’exercer une pression sur le fameux bouton, et voilà que l’appareil s’ouvrait, comme un diable qui surgit hors de sa boîte.

Le « primo contact » avec la photographie, me valut une bonne fessée.
« On ne touche pas aux affaires du papa. »
Telle était la devise, étayée par une pédagogie qui faisait une large place aux arguments physiques.
Personne ne protesta ; c’était dans l’air du temps.

Sautons quelques années.
Me  voilà, à seize ans, moniteur d’une colonie de vacances.
Mon premier salaire me permit de m’offrir mon premier appareil: un Voïgtländer.
Un appareil qui était équipé d’une cellule couplée aux commandes de vitesses et de  diaphragme : une première, en ces temps-là.

On venait de franchir un pas des plus importants : on m’évaluait plus la quantité de lumière, désormais on la mesurait.

Mais le Voïgtländer, malgré cette fonction nouvelle, s’avéra rapidement incomplet au regard de mes besoins.
C’est à cette époque-là qu‘apparurent les premiers appareils commercialisés par l’industrie japonaise.

Quelques années plus tard.
Je venais de passer enseignant et de me marier.
Ne voulant prélever sur le budget du ménage, j’ai postulé pour un travail de laborantin,  le dimanche.
Et c’est ainsi que j’ai pu acquérir, mon premier boîtier à objectifs interchangeables.

Quand on achète un boîtier, on se marie avec une marque.

On ne peut changer, qu’à condition de tout revendre.
Je me suis souvent posé la question de savoir si j’avais bien fait de choisir Minolta.
A l’époque, cette marque avait une petite longueur d’avance.
J’ai donc travaillé toute ma vie avec des boîtiers et des objectifs Minolta.

Sautons encore quelques années.
Nous voici dans les années 1990.
Elles ont été marquées par l’apparition, puis la lente démocratisation de la photographie numérique.

Il est vrai que l’on en parlait depuis un certain temps.
Les rêves les plus fous allaient enfin pouvoir se réaliser :

– Ne plus être obligé d’attendre le développement pour voir nos photographies
– Ne plus être limité à 36 photographies par film.
– disposer de toute une gamme de sensibilités.
– pouvoir, grâce aux développements sur ordinateur, corriger nos photographies et les manipuler.

En réalité, le passage de la photographie argentique à la photographie numérique ne se fit pas sans douleurs. Et les douleurs se situèrent surtout du côté du porte-monnaie.

Le passage au tout numérique nécessitait :

 

– le remplacement des boîtiers et de tous les objectifs.
– l’achat d’un ordinateur.
– l’achat d’un logiciel adéquat : Photoshop.
– l’apprentissage et la maîtrise de cet outil informatique.

Certains ont essayé comme dit le proverbe, « de ménager la chèvre et le chou.»
L’une des solutions consistait à utiliser un scanner pour scanner soit les photographies, soit les négatifs. Mais, cela obligeait à acquérir un scanner onéreux à l’époque.

Nombreux ont été les photographes torturés par les mêmes questions.
J’ai franchi le pas en 1995.
Un jour, j’offris tout mon matériel argentique, boîtiers et objectifs à un jeune photographe désargenté.

Ce jour -là, je me suis marié avec Canon qui avait une petite longueur d’avance car la marque défendait le principe du CMOS contre les CCD qui équipaient les principales autres marques.
Le choix s’avéra judicieux, car les autres marques passèrent quelques années plus tard, au CMOS.

Je suis donc « entré en Photoshop », comme on entre dans les ordres.
J’ai poussé la porte du Photoshop 2, début des années 80 alors que je travaillais toujours en argentique.

A cette époque-là, j’ai eu la chance et je dirais même l’honneur, de devenir professeur de photographie à l’École supérieure de journalisme de Lille.

Retraité depuis 1995, j’ai enfin le temps de travailler pour moi.
C’est du moins ce que je me dis, mais cela n’est vrai qu’en partie.

On  ne peut avoir été enseignant toute une vie, et puis du jour au lendemain oublier que l’on a été un homme de transmissions.
Alors, j’ai été modérateur sur des forums.
J’ai mis au point une méthode qui me permettait de travailler en phonie– de vive voix – avec un groupe de 9 personnes.
Nos « cours » nécessitaient que nous tenions compte des décalages horaires entre celui qui travaillait en Arabie et l’autre qui habitait le Canada.

Ma retraite m’a surtout permis de reprendre le diaporama qui avait profité du fait que j’avais le dos tourné, pour devenir lui aussi numérique.

Récemment, on m’a demandé de reprendre l’enseignement de la photographie mais numérique bien sûr.

Pire encore :
A l’époque où presque tous les photographes  travaillent en numérique, on vient de redécouvrir la photographie argentiqueet l’on vient de me demander d’expliquer comment on développe les photographies argentiques.
Un comble !

Mais, mon histoire personnelle n’est qu’un détail parmi bien d’autres.
Ce n’est pas, me semble-t-il, d’une importante capitale.

Il faut que je conclus et ma conclusion de l’évolution que nous avons vécue sera d’ordre philosophique, mais avec toujours, des implications techniques bien entendu.

La photographie numérique bien comprise, offre tellement de possibilités, tellement de techniques, tellement de moyens, qu’il est inadmissible de trouver des taches sur des photographies ou des boutons dans le visage d’une mariée.
Et que l’on ne vienne pas me dire que c’est par respect d’une soi-disant « vérité » de ne pas corriger ses photographies.

Personne ne reproche à une femme de se maquiller avant de aller en ville.
Or, le mot «  maquillage » désigne également la technique de correction des photographies argentiques, celles du studio « Harcourt » comme celles « du petit photographe en bas de chez moi. »

On cache souvent l’incompétence, sous le couvert d’une philosophie toute personnelle.
A chacun ses choix.

PS :

Vous me «dites quoi»

Expression du langage de Dunkerque.
« Dire quoi » : faire des remarques.

Dans commentaires.

 

ANECDOTE DES FRAISES DES BOIS

Rappelez-vous mon anecdote des gratte-cul.
Ah bon ! Vous ne vous en souvenez pas !
Alors, ça sert à quoi, que je vous raconte des histoires, si vous n’écoutez pas ?

Non, je ne vais pas vous la raconter une seconde fois.
Prenez le temps de cliquez ICI.

Donc je disais (j’espère que vous écoutez maintenant) que les Alsaciens sont tellement proches de la Nature, qu’ils ramassent tout ce qu’elle leur offre.

Fin juin, c’est le tour des….., alors le tour de quoi ?
– des fraises des bois !
Mon Dieu ! Faut tout leur dire.

Pas facile la cueillette des fraises des bois.
On croirait qu’elles prennent un malin plaisir à garder des tiges très courtes.
Alors oui, pour se baisser, il faut se baisser
Et, comme de plus, elles sont toutes petites, il faut se baisser un sacré nombre de fois pour en remplir ne fut-ce qu’un petit récipient.

Mais quelle récompense !
Un pudding vanille, décoré de fraises des bois !

Goûtez, et je vous jure que vous ne dormirez pas, tellement qu’il va vous hanter ce dessert.
Du quatre étoiles pour gens simples, gratis de surcroît, que dis-je : du quatre étoiles mieux que ça, toute la voix lactée en une fois.

Mais que voulez-vous, il y a toujours des gens qui détournent les choses.
Je me suis laissé dire que si les fraises de bois se donnaient de la peine à s’exposer en plein soleil, c’est pour rougir et vous offrir ce parfum et ce goût qui, à leur tour, vous feront rougir, mais de plaisir.

Mais voilà, il existe des gens qui ne font pas le détail et qui « balancent » des fraises des bois dans le tonneau dans lequel macèrent les fruits, qui, une fois le temps venu, seront distillés en alcool : le Schnaps.
Sauvages !

Vous vous rendez compte de ce quelle subit la fraise des bois !

D’abord dans le tonneau, la grêle fraise des bois, délicate comme une jeune fille qui se réveille  à côté de quetsches, de cerises, éventuellement de poires qui fermentent.

Et puis les choses ne s’arrêtent pas là, on va l’enfermer dans la cuve de l’alambic.
On va la chauffer pour lui soustraire son âme et cette âme va s’envoler dans la colonne de distillation.
Un coup de froid et hop ! Elle va se condenser.

Adieu la belle couleur rouge, maintenant, elle s’est transformée en liquide carrément transparent. Et ce liquide pique et vous enivre.

Sauvage : oui je le redis !
Quoique, je ne crache pas sur un petit verre à l’occasion, et pas de limonade, s’il vous plaît.

Que voulez, l’Homme est plein de contradictions !

Alors vous venez. ?

Je vous invite à me suivre à la cueillette des fraises des bois.
Mais où faut-il les chercher ?

Et bien, la fraise des bois aime bien le soleil.
C’est donc dans les clairières et les pentes déboisées que vous avez le plus de chances d’en trouver.

Emportez un récipient mais, je vous conseille, prenez-en un qui ne soit pas trop grand.
Ah, au fait, il serait prudent de choisir un récipient avec couvercle.
Ce serait dommage de perdre vos fraises en trébuchant.

Et les voilà partis, enfin je veux dire Georges et son épouse Mélanie.
Voici une belle pente récemment déboisée. Les fraises des bois ont déjà commencé à la coloniser.

« On va aller chacun de notre côté » dit Georges à son épouse, et, de temps à autre, je reviendrai te voir. »
Et le voilà parti !

Au début, tout alla bien. Mélanie trouva pas mal de fraises, mais sa gamelle ne se remplit que très lentement, car elle en mange de bon appétit.

Au bout d’une demi-heure Georges vient la rejoindre :
«  Alors, tu en trouves !
– Oui, mais pas beaucoup. C’est fatigant de se baisser
– Moi, j’ai trouvé un filon. Regarde ! »

Et le Georges fier comme Artaban, brandit son récipient plein à ras bord.

«  Alors ça ! Mélanie en reste bouché bée.
– Faudrait presque aller chercher le seau dans la voiture.
– J’y vais, s’exclame » Mélanie, contente de faire une pause.

Elle va donc chercher le fameux seau dans la voiture.
Un observateur avisé aurait remarqué qu’elle avançait d’un pas, comment dire, nonchalant, très peu pressée de reprendre la cueillette.

Toujours est-il qu’elle venait juste de revenir quand le Georges rapporta une seconde gamelle pleine de fraises.

« Alors-là ! On dirait que tu as cherché des fraises des bois toute ta vie s’exclame-t-elle.
– Non, non, répond le Georges, j’ai tout juste trouvé une bonne place. »
Et il disparaît.

Le manège continue encore plusieurs fois, si bien que le seau finit par se remplir.
Vous imaginez cela : un seau plein de fraises des bois, en pas même  trois heures de cueillette !

Le soleil continue à grimper dans le ciel.
On approche de midi.

«  Et si nous allions déjeuner » lance le Georges.
«  Je commence à avoir faim » répond Mélanie.

Alors, Georges prit le seau et ils partirent en direction de la voiture garée à l’ombre,  dans le chemin forestier.

Ils avançaient sur le chemin quand soudain, ils rencontrèrent un individu hirsute.
L’homme tenait un seau presque vide à la main.

«  Bonjour, vous avez cherché des fraises de bois ? » lança-t-il.
– Bien oui, mais quel travail ! Faut avoir le courage de se baisser » répondit le Georges
– Moi, je cherche depuis six heures ce matin, mais il y a un truc que je ne comprend pas ; plus je mets des fraises dans le seau, plus elles disparaissent.
J’aimerais savoir pourquoi. »

– Vous avez pensé au renard dit Georges, les renards à ce que l’on dit, adorent les fraises de bois. Qui sait il y a peut être un renard dans la forêt ?
Vous avez surveillé votre seau ?
– je ne vais pas m’encombrer de mon seau. Je l’ai posé à l’ombre et chaque fois que ma gamelle est pleine, je viens la vider. Et chaque fois, il y a moins de fraises.
Je ne comprends pas ! Je vais encore chercher un peu, mais je désespère. »

Et l’homme disparut.

«  Je ne savais pas que j’avais épousé un renard lançe Mélanie.
J’ai compris !  La bonne place, c’est le seau du Monsieur. Tu n’as pas honte !

– Il n’a qu’à surveiller son seau !

Quand ils rentrèrent chez eux, Mélanie prépara un pudding vanille, avec tout un litre de lait.
Elle le mit au réfrigérateur pour le refroidir plus rapidement.

Le couple passa la soirée devant la télévision et, pendant les publicités (oui, je sais, il y en a de plus en plus), Mélanie servit le dessert : un pudding vanille, entouré d’une couronne de fraises des bois parfumées .

Un délice que je vous dis !

Mais, le seau était grand, tellement grand, qu’il restait beaucoup de fraises.

«  Que vais-je faire de toutes ces fraises ? » lança Mélanie
– Tu n’as qu’à en faire des confitures. »

Et Mélanie se mit au travail.
« Georges, il faut aller chercher trois kilogrammes de sucre »
Er le Georges enfila ses chaussures, en maugréant contre les femmes.

Toujours est-il que faire des confitures, ce n’est pas rien.

Mais le pire, vous ne le savez pas.

Les confitures une fois terminées, ils allèrent se coucher en se réjouissant de les goûter le lendemain matin au petit déjeuner.

Et c’est là, que le drame arriva.
Georges avait bien beurré quelques tartines et quand je dis bien beurré…Une couche épaisse comme ça.
La Mélanie ne put s’empêcher de lui rappeler son taux de cholestérol

Sur la couche de beurre épaisse, il tartina une couche encore plus  épaisse de confiture de fraises des bois.
Puis, il ouvrit sa bouche toute grande (on dirait une porte de grange, si si) et il enfourna la tartine
Une première bouchée… et il recracha
« C’est carrément dégueulasse » lança-t-il !
Tu es sûre d’avoir mis du sucre ?
C’est amer, mais alors amer.

Je ne peux m’empêcher de laisser vagabonder mon imagination.
Juste au-dessus de la maison de Georges et de Mélanie, il y a un gros nuage, vous savez, ces nuages en forme de chou fleur.

Regardez bien.
Vous ne voyez rien ?
Mais si, regardez mieux.

Moi, j’y vois comme un visage, un visage d’un monsieur âgé qui sourit de toutes ses dents, dans une grande barbe blanche.
Il regarde, on dirait avec un certain contentement ; le couple aux prises avec la confiture amère.

Quoi, vous ne savez pas ?
Les fraises des bois ne supportent pas la cuisson.
Elles deviennent amères

Comme pour punir ceux qui ont été malhonnêtes
Et là-haut, dans son nuage, le visage sourit, sourit…

LE BASILIC ET DIFFERENTES VARIETES

Le basilic (ocimum basilicum) est une plante herbacée qui peut atteindre les 50 centimètres.
Cette plante est cultivée parce qu’elle est aromatique.

Originellement employée dans la cuisine italienne, le basilic a conquis les cuisiniers et se retrouve à l’heure actuelle, dans toutes les grandes cuisines.

Son nom vient du bas latin et signifie « royal.»
Une herbe royale donc qui mérite sa place parmi les fines herbes, car son parfum est délicat.

On reconnaît que le basilic possède des vertus médicinales.

Extrait de Wikipédia :

Les feuilles sont utilisées comme tonique, stimulant, carminatif, stomachique, antispasmodique, antiviral et vermifuge, notamment contre les crampes d’estomac, les diarrhées, la constipation, les angines, la toux, le dysfonctionnement rénal, la bronchite, les affections pulmonaires, les rhumatismes, l’inflammation, les maux de tête, l’hypertension et comme contraceptif13. En tisane, les feuilles étaient recommandées contre les nausées, les flatulences et la dysenterie13.

Son parfum aromatique lui vaut  aussi une place dans la gastronomie.
Il est préférable de l’utiliser cru car la cuisson lui fait perdre une partie de ses aromes.

Le basilic ne devrait pas être haché ou coupé avec un couteau.
Il convient de déchirer les feuilles avec ses mains.

Culture du basilic :

Signalons tout d’abord qu’il est facilement possible de cultiver des basilics dans son jardin.
Notons qu’il n’aime pas trop les sols humides et qu’il convient donc de le planter dans des sols bien drainés.
On peut partir de graines, mais il est bien plus facile d’acheter des plants que l’on repique.
Le basilic fleurit en blanc.
Il faut enlever les inflorescences pour stimuler la croissance des nouvelles feuilles.

On récolte les feuilles de basilic en juillet.
Elles peuvent facilement être congelées, mais on commercialise actuelle toute l’année du basilic frais cultivé dans des serres chauffées en périodes froides.

Les différentes variétés communes :

Le basilic à grandes feuilles.
Le basilic à petites feuilles : un peu plus épicé
Le basilic à feuilles pourpres.
Le basilic thaï : très épicés avec des notes d’estragon et d’anis.

Il existe encore d’autres variétés

Utilisations en cuisine :

– soupe au pistou qui tient son nom du basilic (pistou).
– les différents « pesto » mélange de basilic, pignons de pin, fromage, huile d’olives
– les différentes variantes du pesto.
– basilic en potage.
– le basilic accompagne merveilleusement les pâtes.
– le basilic se marie bien avec les tomates.

Pour plus de détails se rapporter à l’excellent article de Wikipédia
cliquez ICI

Je tiens également à signaler que le mot basilic possède de significations symboliques.
Il désigne un animal qui aurait des pouvoirs sur notre santé notamment lors des épisodes de peste.

Un jour, on m’a offert un verre d’alcool au basilic.
En regardant la bouteille, j’ai vu que l’on avait mis à tremper une vipère dans l’alcool blanc.
Survivance de croyances d’antan.

Illustrations photographiques © Papy Jipé.

A gauche, basilic à petites feuilles
A droite, basilic commun à grandes feuilles.

 

 

LES FINES HERBES EN CUISINE

Tous les cuisiniers rêvent de travailler des produits aussi frais que possibles, car seule la fraîcheur des produits peut garantir la meilleure qualité gustative des repas.

Nous parlons bien de rêve :

La réalité est souvent différente.
Il est relativement rare de travailler  des produits qui viennent tout juste d’être cueillis.
Pour de simples raisons d’économie, on ne va pas jeter des produits qui ont quelques jours d’existence.

Nous parlons bien de rêve :

Il existe de nombreuses raisons qui s’opposent à leur réalisation.
Des impératifs financiers bien sûr, mais également de simples raisons logistiques qui font qu’un restaurateur dont l’établissement est loin des routes, aura certainement plus de mal à s’approvisionner en produits frais, durant certaines périodes de l’année.
Ce qui est vrai pour les restaurateurs, l’et également pour la ménagère qui regroupe souvent ses courses pour ne pas être obligée de retourner au marché ou dans les grandes surfaces situées souvent en banlieue.

Nous parlons bien de rêve :

Alors laissez nous rêver.
Travailler des asperges qui viennent tout juste d’être cueillies est un rêve.
Préparer une salade avec une laitue qui bouge encore, tellement qu’elle est fraîche, est un autre rêve.
Préparer un poulet rôti à l’estragon et pouvoir utiliser de l’estragon frais cueilli au moment est un autre rêve…

Mais on ne vit pas de rêves :

Il existe des chefs qui ont cette chance là, mais il faut bien le constater, ils travaillent dans des restaurant haut de gamme.
A l’opposée, il faut bien de constater, il existe aussi dans certaines villages, des cuisiniers qui ont la chance de posséder, derrière leur restaurant, un potager qui leur permet de s’approvisionner comme les grands chefs.

On peut toujours rêver, mais chaque fois que possible il faut essayer des réaliser ses rêves. Et ce n’est pas toujours difficile.

LES FINES HERBES EN CUISINE :

Ce qui est vrai pour bon nombre de légumes et de fruits, l’est encore bien plus quand on parle des fines herbes
Elles sont très fragiles.
Elles fanent rapidement.
Elles perdent très vite leur arome et leur goût.

Quelles sont les fines herbes couramment utilisées ?
Quelles fines herbes pour quels plats ?
Comment les conserver au mieux ?
Peut-on les congeler ou les sécher ?

C’est pour répondre à toutes ces questions, que j”ouvre ce nouveau chapitre.

LES FINES HERBES CLASSEES PAR ORDRE ALPHABETIQUES :

A

B

Le basilic et différentes variétés

 

PIMENTS DOUX DES LANDES AU VINAIGRE 

« Monsieur le président, je plaide couple.
Je l’avoue : je suis un « fada » de tomates et de piments.
Mais, je fais des efforts.
La preuve : tenez rien que pour 2019, je me suis limité à 35 variétés de tomates et à 25 variétés de piments. »

Mesdames, Messieurs : la Cour

Jugement :

Attendu que le présumé coupable est …

C’est là, que je me suis réveillé.
Un cauchemar de plus.

Chaque fois que nous partons en voyage, il y a deux endroits que je visite de façon privilégiée : les marchés et les marchands de graines.

Dans mon jardin, vous trouverez des tomates d’Amérique, des salades de la région de Venise etc..

L’autre jour, c’est  de Bayonne que j’ai rapporté  des semences de piments doux des Landes.., mais n’allez pas le dire à mon épouse.

Fin janvier, j’ai semé mes piments à la pincette, une graine après l’autre.
Puis je suis allé à l’hôpital pour me faire opérer de mon dos.

Quand je suis revenu, les piments avaient déjà 20 cm.
Je les ai arrosés assis dans mon fauteuil à roulettes.
Arrosage spécial ; je ne vous le fais pas dire.
Au mois de mai, nous les avons plantés (le jardinier et mon épouse), je ne pouvais pas encore me baisser).
Et les voilà partis.

Les plus rapides : les piments doux des Landes.
Je suis submergé.
Va falloir les conserver au vinaigre.

Voilà le pourquoi du comment.

RECETTE DES PIMENTS DOUX DES LANDES AU VINAIGRE :

N’ayant aucune connaissances « landesques », je me suis rabattu sur ce que je savais.
Il faut dire que du côté de mes parents, nous préparions chaque année, des cornichons à la mode aigre-doux.

Il me semblait donc ne pas courir trop de risques.

INGRÉDIENTS :

– piments doux des Landes
– sel,
– poivre mélange 5 baies.
– ail
– oignons
– aneth
– sucre
– vinaigre de miel (vive l’Alsace)

PROGRESSION :

– bien laver les piments et éliminer ceux qui ont la moindre tache.
– épluchez l’oignon et l’émincer.

– empilez les piments et le reste dans les verres et serrant bien.
– ne pas mettre le seul ni le sucre.

DÉTERMINATION DE LA QUANTITÉ DE VINAIGRE :

– remplissez le verre d’eau.
– mesurez cette quantité d’eau à l’aide d’un verre doseur.
– elle correspond à la quantité de liquide dont vous aurez besoin.

CALCUL DU LIQUIDE :

– 2/3 de vinaigre + 1/3 d’eau
– préparez le mélange
– faites bouillir.

REMPLISSAGE :

– ajoutez le sel 20g/litre.
– ajoutez le sucre 20 g/litre.
– ajoutez les baies de poivre.

– versez le liquide bouillant.

– fermez le verre.
– retournez-les tête en bas.

– attendre 1 mois avant de consommer.

COMMENTAIRES DU CHEF :

Simple coup de chance ou réminiscence des goûts de ma jeunesse, j’ai bien apprécié les piments doux des Landes préparés à la mode des cornichons aigre-doux.

Maintenant, il convient de garder pieds sur terre.

Je pense que chaque ménagère possède sa propre recette qui convient aux membres de sa famille.

Cette pensée a eu des répercussions dans d’autres domaines.

Voilà des années que j’offre pour Noël, une caisse de Gewurztraminer à un ami.
Il s’est habitué à la qualité de ce vin, à son fruité.
J’ai découvert un vigneron qui produit un Gewurztraminer encore meilleur et j’ai fait envoyer une caisse à mon ami.
Réponse : ce n’est pas le même.

Faut-il croire que nous devenons l’esclave de nos habitudes ?
Des habitudes qui finissent par occulter notre sens du goût et notre jugement ?

Nous possédons certes, une mémoire culinaire qui nous vient des plats de notre enfance, mais, il me semble que cette mémoire persiste tout le long de notre vie et qu’elle est prête à accepter, à mémoriser des nouveaux produits.

Ces réflexions n’ont pas échappé aux publicitaires qui nous font voguer sur les vagues de la nostalgie, de la cuisine d’autrefois, de celle de nos grand-mères, du fait à l’ancienne…
Pour votre bien ; oseriez-vous en douter.

Illustrations photographiques © Papy Jipé et Mamy Christiane

Les piments doux des Landes Ail, oignon rouge, piments Tous les ingrédients, sont mis dans le verre à conserve.
On remplit ensuite d’eau afin de pouvoir mesurer la quantité de liquide nécessaire.
Le sel 20g/l Baies de poivre 5 couleurs 2/3 de vinaigre + 1/3 d’eau + 1 c.a.s de sucre.
.Fermez à chaud et ne pas oublier une étiquette.tête en bas pour faire le vide. Attendre 1 mois avant de déguster.

CERISES A L’ALCOOL 

La période des cerises débute en juin pour les plus précoces, et dure jusqu’au début de mois d’août, pour les dernières.
Ces dates sont celles qui correspondent à ma région : l’Alsace.

Il faut manger des cerises quand elles sont à l’apogée de leurs qualités, mais que faire quand il y en a de trop ?

On peut bien sûr les mettre en conserve dans des bocaux, comme l’on fait nos grands parents.

Mais, on peut aussi se faciliter la vie, en les mettant à congeler dans des sachets bien soudés. Toutefois, il faut accepter que la congélation malmène un peu les cerises.
Elles peuvent néanmoins être utilisées pour préparer des tartes ou des clafoutis, ou alors entrer dans le composition des salades des fruits.

Encore faut-il choisir la bonne variété.

L’autre jour, je suis allé faire mes courses au marché et j’ai trouvé, en ce jour de 1° août, de belles cerises noires.

Alors, j’ai repensé à ma grand-mère qui avait toujours quelques cerises enfermées dans de l’alcool, mais qui attendaient que je sois un homme pour avoir le droit de les goûter.

Tenez, relisez l’histoire des cerises d’Alphonse Daudet…

J’ai aussi repensé à la période où je préparais mon concours de professeur de cuisine. C’était une époque où je voulais tout essayer, y compris les chocolats qui emprisonnent une cerise.
N’est-ce pas : mon chéri !

Et puis, il faut bien le dire, depuis que je suis à la retraite, je continue de plus belle.
Maintenant, j’ai le temps, ou alors, j’ai appris à prendre le temps.
Allez savoir !

Aucune visite n’échappe à mon gâteau « Forêt Noire »
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Alors, il me faut une réserve de cerises à l’alcool qui viendront mettre un point final sur les rosettes de crème Chantilly.
Je vous fais saliver, n’est-ce pas !

RECETTE DES CERISES A L’ALCOOL :

Ingrédients :

– des cerises.
– 1 bâton de cannelle par verre.
– 1 anis étoilé par verre.
– 1 bâton de vanille fendu en deux dans le sens de la longueur par verre.
– de l’alcool blanc (il en existe pour conserves).

Progression :

– lavez les cerises.
– raccourcir les queues à 2 cm.
– bien nettoyer les verres, ainsi que leur couvercle.
– laissez-les sécher en les retournant sur un torchon.

Remplissage :

– mettez le tout dans les verres.
– versez l’alcool blanc de façon à recouvrir les fruits.
– fermez les verres.

et le plus difficile :

– oubliez-les au fond d’un meuble.

COMMENTAIRES DU CHEF :

Recette on ne peut plus simple, mais n’oubliez pas quelque soit le mode de conserve, la conservation n’améliore en rien le produit.
Il faut donc ne choisir que des produits impeccables.

Sucre ou pas ? That’s the question.

C’est une question de goût et comme « on ne parle pas des couleurs et d’égoûts » …

On peut bien rire : non ?

Je pense que nous mangeons trop de sucre et de plus, dans notre corps, l’alcool se transforme en sucre.

Faudrait éviter si possible de finir en betterave.

Allez du courage. Pour résister bien sûr.

Illustrations photographiques : © Papy Jipé et Mamy Christiane.

 

Cerises, cannelle, anis étoilé et vanille. On empile le tout dans un verre et on remplit avec de l’alcool. N’oubliez pas de mettre une étiquette.

ANECDOTE DE LOUIS DIT LOUIT’CHE

Il s’appelait LOUIS, mais on lui disait LUIT’che

Dans le quartier, si vous demandez où habite M. F …, on vous laissera sans réponse.
Dites que vous cherchez Louis  ou mieux Louit’che, et l’on vous indiquera, selon l’heure, le petit bistrot du coin, la halle aux poissons ou les docks.

C’est ça le monde de Louis.
Cinquante ans entre les docks et la halle aux poissons avec une halte quotidienne au petit bistrot.
Cinquante ans de tra­vail et puis, un jour, les grandes vacances pour toujours.

Maintenant, la fatigue oubliée, il ne reste plus que le bon vieux temps que l’on évoque avec les copains autour d’une pinte de bière.

Alors, on parle des tours que l’on jouait aux douaniers, du charbon que l’on cachait au fond de ses poches et toutes les combines qui permettaient d’a­méliorer l’ordinaire.
Le filtre du temps a fait son œuvre.

L’autre jour, Louis est arrivé, l’air important. Il a tiré de la poche inté­rieure de sa veste, vous savez, la poche sur le cœur, une lettre.
Avec une mine de circonstance, il l’a montrée à ses amis.

 La lettre portait le cachet d’une grande banque. Elle disait : “ Cher M. F…, nous avons entrepris la création d’un fichier informatique de notre clientèle. Il nous est apparu que vous comptez parmi nos clients les plus fi­dèles. C’est pourquoi nous avons l’honneur de vous inviter à une soirée au cours de laquelle, un conseiller financier, vous expliquera les avantages des placements à longs termes … “

“ Tu te rends compte, le directeur de la banque t’a écrit “

Louis n’en re­vient pas.
La lettre circule de main en main, puis retourne dans son écrin.
Alors, pour fêter l’événement Louis offre une tournée générale.

Dans la salle de réunion M. le P.D.G. trône comme un patriarche :
“ Dites-moi, Durand, quels sont les résultats de la lettre circulaire ? “

L’employé consulte ses documents, veut répondre.
Mais déjà M. le P.D.G. poursuit :
“ Il faudra continuer à me cibler le troisième âge … “

 Louis, te voilà redevenu cible, te voilà redevenu lapin, comme en quarante, sur les plages de Dunkerque.