Mettez-moi en 32…

Mettez-moi en 32…

Je n’ai rien contre le démarchage à domicile. Il faut que tout le monde puisse vivre. Mais, l’’invention des téléphones portables coïncide étrangement avec la disparition des vendeurs d’aspirateurs.

Terminée la belle vie, quand vous pouviez vous octroyer une petite sieste après le repas.

Je ne jurerais pas que c’est fait express. Chaque fois que je commence à trouver le sommeil (toujours bien mérité), voici que mon portable se met à chanter.

C’est désagréable. Pour un bien, il faudrait le couper, mais on risque d’oublier de le rallumer et d’être injoignable.
Vous vous rendez compte : être injoignable au troisième millénaire !

Indispensable, inexcusable, et qui sait répressible un jour prochain, car on n’arrête pas le progrès ; la bêtise non plus.

Je vous l’ai dit. Je ne suis pas un rustre. Il faut que tout le monde puisse gagner vie mais, j’ai souvent l’impression que c’est à mes dépends.

Passe encore quand la personne à l’autre bout du fil,
(oh ! papy, il n’y a plus de fil)
bon, je disais donc, passe encore quand la personne est polie, malheureusement, il y a en des gossiers, des hautains, des hargneuses aussi.

Alors au lieu de me fâcher, je m’amuse.

Quand on m’appelle et que mon interlocuteur commence sa phrase par :

« vous n’ignorez pas que… »
– Si, monsieur, j’ignore et c’est mon droit d’ignorer, parce que je suis con. »

Et je raccroche.

L’autre jour, j’ai utilisé une autre tactique, un peu plus subtile et je m’en vais vous raconter.

«  Bonjour monsieur, je suis madame… untelle des cuisines du Schnock.
– bonjour madame
– monsieur faites-vous la cuisine ?
– ben oui que je lui réponds.
– votre dame en a de la chance.
– ben oui que je réponds.
– monsieur, préférez vous le gaz ou l’électricité ?

Posée de cette manière, la question est mal formulée.
Je réponds donc :
– pour la télévision, je pense que l’électricité c’est quand même mieux.

Elle a compris et pousse un rire.
–  oui, mais pour la cuisson, vous préférez quoi ?
– ça dépend, pour les plaques, je préfère le gaz ; pour le four l’électricité.
_- je vois que monsieur est un connaisseur.
(elle ne pensait pas si bien dire.

– monsieur avez-vous besoin d’une cuisinière ?
– oui, blonde aux yeux bleu, belle poitrine.
– encore un rire.
– disons, on va voir si vous me faites un prix.
– cela dépend : vous voulez quoi ?
– Je réfléchis un instant : mettez-moi 16 cuisinières au gaz et 16 autres à l’électricité.
Grand silence.

-Monsieur, vous vous moquez de moi ?
– Ben non, je ne me permettrais pas.
– Mais elle fait quelle taille votre cuisine ?
– Attendez que je réfléchisse :
en longueur disons 30 m en largeur 25 m.
– Silence.
– C’est possible ça ?
– Et oui Madame, vous êtes dans un lycée de cuisine.

Si, d’aventure vous passez par chez nous, n’hésitez pas à vous arrêter, je vous inviterai à manger.

Et je repris mon somme.

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