TRADITIONS ALSACIENNES ​SAINT NICOLAS ET SES MANNALAS

Et voilà, encore une année qui vient de filer.
Dans les vitrines des boulangers et des pâtissiers, une armée de « Mannalas » ouvre les festivités de fin d’année.

Les « Mannalas » vous connaissez ?

Les « Mannalas » traduction : les petits bonshommes sont des brioches en forme de bonshommes.
Ils sont les annonciateurs de la période de Noël.
Ils apparaissaient juste pour la Saint Nicolas.
Leur règne s’étend jusqu’à Noël.
Et puis, ils disparaîtront, remplacés par les galettes des rois.

Enfin, il convient de parler au passé, avec une pointe de nostalgie, car aujourd’hui, tout va tellement vite que l’on s’y perd.
Les pâtissiers rivalisent pour être les premiers à mettre en vitrine les « Mannalas ».

Il semble que les gens sont de plus en plus pressés.
Ils essaient d’être toujours en avance sur le temps.
Au mois de juin, l’année scolaire n’est même pas encore terminée, que les grandes surfaces vendent déjà les affaires pour la rentrée.

A quand les « Mannalas » pour le 14 juillet ?
Il suffira, à ce moment-là, de vendre les lapins de Pâques pour la Saint Nicolas.

Cela nous permettre de gagner une année
et de  vieillir plus vite…aussi

Cette année (2018) les «  Mannalas » se sont mis au goût du jour.
On en trouve, vêtus de gilets jaunes
Actualité oblige !

Mais, il y a un «  truc » qui a du mal à passer, et il faut que je vous en parle.

La radio annonce que le nombre des touristes originaires de Chine augmente d’année en année.
Il paraît qu’une série télévisée tournée en Alsace, a assuré la promotion de notre région.
Les touristes affluent.
J’applaudis bien sûr, car l’Alsace mérite d’être connue,

Mais,


Mais voilà, cela fait des années

– que nous pleurons,
– que nous regrettons,

– que nous nous  battons,

pour que l’on reconnaisse notre identité.
Et notre identité, c’est aussi notre dialecte, même si en allant de Mulhouse à Strasbourg, vous « changez plusieurs fois de nationalité dialectale ».

Et pourquoi ?

Pour que l’on nous mette dans le même sac que les autres, dans une grande région Est qui n’a d’existence que « politique »
Je vois arriver le jour où l’on enseignera dans les écoles de nos campagnes non pas le dialecte, mais le chinois ou le Mandarin.
Seuls les imbéciles ne profitent pas du nouveau « way off life. »
(en dialecte dans le texte.)
L’argent n’a pas d’odeur.
Pas de couleur non plus, semble-t-il

Vous savez ce qui attire les touristes chinois ?

Ils viennent voir nos traditions.

Les vraies, pas les traditions commerciales.
Excusez les Mannalas en gilet jaune se retournent quand même sur un passé "millénaire", d’au  moins quelques semaines.

De grâce,  laissez aux « Mannalas » leur forme ancestrale.
Si déjà, vous voulez les modifier, les personnaliser, revenez à la recette ancienne :
– celle des « Mannalas » que nous dégustions pendant la récréation dans la cour de l’école.
– celle des « Mannalas » un peu trop bronzés que le boulanger nous offrait quand une fournée lui avait échappé.

Le soir de la Saint Nicolas, la famille se réunissait pour un souper un petit particulier.
C’était soir de fête.
On avait travaillé toute la journée pour faire des « Mannalas »
On n’avait surtout pas oublié de préparer notre cœur.

Alors, la famille prenait place autour de la table.
Maman apportait un grand plat de « Mannalas ».
Dans les tasses, le cacao fumait.
Une véritable fête de cannibales, car nous n’hésitions pas un seul instant, à tremper des bras, des jambes, les têtes de « Mannalas » dans le cacao chaud et de les avaler avec une gourmandise et délectation.
Le bonheur est simple !

Aujourd’hui, tout peut s’acheter.
Il suffit d’avoir un porte-monnaie bien rempli.

Mais le vrai bonheur – tout le mode le dit – ne s’achète pas
Que voulez-vous, les mots eux aussi changent de sens selon la manière dont on les écoute.

Le vrai bonheur, c’est quand on mange les « Mannalas » que l’on a fabriqués
– avec ses doigts.
– avec son cœur aussi.

Voir ma recette de «  Mannalas »

Je ne dis pas que c’est la vraie recette,

– mais, c’est la mienne

Ps :

Les «  Mannalas » sont en deuil.
Oui ! Vous ne me croyez pas ?
Bien sûr !

Les « Mannalas » avaient des copains en forme d’escargots.
On les appelait les  « Schnakalas »
Qui a tué les « Schnakalas » : une énigme à résoudre.
A moins que la disparition ne soit le résultat d’une guerre qui nous a été cachée.

Allez, ne vous laissez pas attrister.
Trempez vos « Mannalas ».
Et surtout continuez à respecter nos traditions qui font notre véritable identité.

La recette est ICI

Joyeuse Saint Nicolas.

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