QUAND LE « NON » PEUT DEVENIR POSITIF 

Souvenirs personnels.

Je m’étais réjouis d’entrer en classe de terminale parce que le programme comprenait l’enseignement de la philosophie.
J’ai rapidement déchanté.
Le premier jour, notre professeur de philosophie nous a accueillis de façon assez abrupte.
« Messieurs, vous allez prendre une feuille de papier et vous allez me dire ce que vous attendez de la philosophie ».

Je me souviens d’avoir exprimer mes idées avec toute la franchise du novice.
La philosophie : apprentissage de la vie.
La philosophie : secours en cas de coup dur.
La philosophie : apprentissage de la pensée analytique.

Quelques jours plus tard,  le prof nous a donné les résultats.
Je m’en suis tiré avec un 4 /20.
Par contre, le prof a eu la bonne idée d’expliquer ses choix, en lisant la copie de l’élève le mieux noté.
Le gars avait obtenu un 18/20 avec une copie très originale.

« Qu’attendez-vous de la philosophie ?
– réponse : une bonne note au BAC ! »

Que voulez-vous : il faut savoir vivre dangereusement.

Ma désillusion  allait malheureusement continuer durant toute l’année scolaire, parce que le professeur avait profité du premier devoir, pour nous cataloguer.

Un jour, n’en pouvant plus de souffrir de ce que je considérais comme une injustice, je suis allé voir mon professeur pour « nous expliquer »

Voilà, Monsieur, j’ai acquis la conviction que pour vous, la philosophie est apparenté à un catéchisme.
Si on ne répète pas les versets de vos cours, on est définitivement classé.

Ce jour-là, j’ai signé mon arrêt de mort.
C’est donc avec une grande appréhension que je me suis présenté à l’épreuve de philosophie le jour du BAC.

Sujet : l’intuition en mathématique.
Je suis retourné voir mon prof pour lui exhiber une note de 18/20
Cela n’a servi à rien.
Mais, cela fait du bien.

Il y a parfois loin de la coupe aux lèvres.
Je vous laisse le soin de méditer.

Toujours est-il, que malgré mes débuts difficiles, malgré le verdict définitif de mon professeur qui a d’ailleurs quitté la philosophie pour entrer en politique… quelques années plus tard, j’ai commencé à écrire et à publier des articles.

Je vous en propose un qui trouve son origine dans l’écoute des nouvelles de ce matin.

Notre monde se trouve confronté à de très graves problèmes :

– le réchauffement climatique.

– la disparition des nombreuses espèces.
– le problème de la biodiversité.

Il y a bien longtemps que ces problèmes sont connus et dénoncés par certains esprits qui voient clair.
Mais comme l’a dit un président récemment porté en terre :

«  la maison brûle et nous regardons ailleurs. »

Devant ces problèmes « on » nous rétorque :

– que nous n’avons pas de preuves formelles.
– que le monde a toujours connus des cycles d’alternances.

Comme toujours, quand on ne sait pas, ou quand on ne veut pas voir, on essaie de noyer le poisson.
Pensez aux intérêts colossaux qui sont en jeu.

Et puis un jour, constatant notre impuissance, on finit par laisser tomber .
Nous avons peut-être attendu, juste un peu trop.
Quel monde allons-nous laisser à nos enfants !

Nos enfants ! Tiens, nous voilà arrivés au vrai sujet de cet article.

Je vais commencer, une fois de plus, par me faire des amis.

Brel, le Grand Jacques, chantait une chanson intitulée «  Fernand ».

Il chantait :

Les adultes sont tellement cons
qu’ils nous feraient bien une guerre…

On a souvent misé sur les guerres pour régler les problèmes, comme ces gamins qui bâtissent des châteaux de cartes et qui excédés, envoient tout promener.

Les guerres n’ont jamais servi qu’à enrichir ceux qui étaient déjà  riches.
Elles n’ont jamais servi, comme on dit en informatique, qu’à « réinitialiser ».
Mais, cette réinitialisation se fait à coup de millions de morts, de vies détruites sur plusieurs générations.

Les adultes sont tellement cons..
Alors, donnons la parole aux enfants.

Ce sont eux qui seront en première ligne.

Le catéchisme philosophique et la pédagogie nous ont appris que le mot le plus important que prononce un enfant est son premier « non ».

Par cette négation, l’enfant marque ses limites.
Il prend conscience de soi.

« Non » marque la limite entre moi et toi.
« Non » par extension, marque la limite entre les générations.

Et le « non » a une importance capitale.
Le « non » est le refus de l’actuel.
Le « non » ouvre la voie à l’avenir.
Il oblige à repenser ce qui est, pour définir ce qui sera aussi.

En refusant de dire « non », une génération refuse aussi la remise en question, le monde, notre monde, risque fort de ne plus progresser, de ne plus se remettre en question, de commencer à tourner en rond.

Et cette négation fait peur aux générations en place, à cause de l’intransigeance, à cause de la recherche de l’absolu des jeunes.

Pour mieux m’expliquer, il faut revenir à quelques fondamentaux.

Qu’est ce que l’éducation ?
L’éducation est tout ce que fait une génération pour former la génération suivante afin que celle-ci puisse s’intégrer harmonieusement  et  assurer la pérennité.

Une génération ne va jamais former ses jeunes afin qu’il bouleversent l’ordre établi.
Et c’est bien là, que le bât blesse et c’est bien là, que ce qui provoque les affrontements parfois violents entre les générations.

Pour se défendre, pour imposer ses conceptions, la génération adulte en place est tentée de recouvrir à la force, aux institutions chargées de maintenir la sécurité publique ce qui explique le regain de violence des jeunes.

Nous vivons actuellement une période caractérisée par les inquiétudes sur l’avenir de notre planète.
Les expéditions sur la lune nous ont donné « une vue de l’extérieure » et la planète bleue nous est apparue dans toute sa fragilité.

Les craintes des jeunes sont donc largement justifiées et d’autant plus que nos politiques semblent plus souvent animés par le souci de durer, que celui d’entreprendre des actions réelles pour sauver notre planète.

Le monde qu’il propose a montré ses limites.
Ce monde là, les jeunes n’en veulent pas.

Le « NON » est un mot qui fait mal.
Le « NON » est un mot qui peut annoncer des bouleversements.

Mais le « NON » peut également être un mot qui peut ouvrir la porte à la recherche des nouvelles voies, des voies originales.

Ce en que quoi, le négatif du NON peut être un mot positif.

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