Les sauces tomates

Les sauces tomate.

Le plus simple, c’est d’acheter de la sauce tomate toute faite. Il en existe de très bonnes. Mais il est aussi possible de réaliser soi-même la sauce tomate et ceci de plusieurs façons selon les produits utilisés.

  • Sauce tomate rapide 1 litre :

  • 1 boîte de tomate concentrée ( 1 moyenne ou 2 petites )

  • 1 échalote taille moyenne
  • 50 g de beurre
  • 50 g de farine
  • thym, laurier basilic
  • sel poivre, épices
  • selon votre goût
  • éplucher l’échalote
  • ciselé l’échalote en petits cubes
  • dans un casserole faire fondre le beurre
  • ajouter l’échalote et la faire suer ( pas de coloration)
  • ajouter la farine laisser cuire quelques instants
  • ajouter le concentré de tomate
  • ajouter 75 1/2 l d’eau froide
  • sel, sucre fin
  • laisser cuire
  • poivre à la fin

Si vous avez réussi à avoir des grumeaux, mettez un coup de mixer. Cette sauce tomate est plus ou moins épaisse grâce à la farine. Vous pouvez donc faire varier sa consistance. Mis à la fin, le poivre garde toute sa saveur.

  • Sauce tomate avec des tomates fraîches :

  • 1 oignon gros
  • 5cl huile de préférence olive
  • 1kg de tomates de préférence bien mûres,
  • sel, sucre, poivre, thym, laurier, basilic
  • éplucher l’oignon et émincer (découper en tranches)
  • faire chauffer l’huile d’olive sans excès
  • faire suer les oignons (pas de coloration)
  • laver, équeuter les tomates
  • les tailler en gros morceaux
  • ajouter dans la casserole
  • mouiller avec ½ l d’eau froide
  • sel, sucre ( contre l’acidité)
  • laisser cuire 20 minutes
  • mixer
  • passer dans un passoire fine ou un chinois
  • poivre
  • rectifier l’assaisonnement à votre goût
  • ajouter basilic ciselé

La consistance dépend de la qualité des tomates. On pourra toujours la modifier en ajoutant de l’eau c’est pourquoi il ne faut pas mettre trop d’eau au départ.

En pleine saison des tomates, (grosse production du jardin ou prix attractif) on peut préparer la sauce tomate en grande quantité et la congeler (ex dans des briques de lait)

Chou farci façon papy

Chou farci façon papy

La recette la plus classique comprend :

  • une farce à base de viande
  • des feuilles de chou préalablement blanchies
  • on dépose une quantité de farce sur chaque feuille
  • on forme un petit paquet que l’on ficèle
  • cuisson braiser

C’est une préparation pas trop difficile mais parfois les paquets se défont et la présentation en souffre.

Papy propose une autre façon de réaliser le chou farci

principe :

feuilles de chou blanchies                                                                                                farce à base de viande

montage :

Prendre un récipient inox appelé «  cul de poule ». Il est arrondi et ressemble à une moitié d’un ballon de foot.

  • beurrer le «  cul de poule »
  • déposer  quelques feuilles de chou blanchies
  • déposer une couche de farce
  • remettre des feuilles de chou blanchies
  • alterner couche farce et feuilles de chou pour remplir tout le « cul de poule »

cuisson :

  • préchauffer le four à 180°C chaleur tournante
  • enfourner le «cul de poule »
  • cuire de 30 à 40 minutes
  • vérifier la cuisson : thermomètre 80°C à cœur
  • démouler sur un plat
  • servir avec une sauce tomate

Voir : farces à base de viande                                                                                

Voir : sauce tomate 

chou faci façon papyLe chou farci façon papy

Recette chou farci façon papy pour 6 personnes :

1 chou vert

1 kg de farce à base de viande :

  • farce achetée
  • farce préparer soi-même
  • 50 g de beurre
  • sel, poivre, épices….

Sauce tomate

  • achetée
  • préparer soi-même voir recette

une belle tranche

Une belle tranche

Bon appétit

Le coup du père François

Le coup du père François,

L’autre jour, ils étaient nombreux les habitants du quartier à se rendre à l’église. Nombreux oui, mais c’étaient essentiellement les plus âgés qui avaient fait le déplacement. Vous savez pourquoi ?
Et bien, on enterrait le père François.

François, c’est un personnage. Il était, comme le dit l’expression, connu comme le loup blanc. Mais ce n’est qu’une simple expression en réalité François avait acquis sa réputation, à force de gentillesse, d’honnêteté aussi. Comme qui dirait à la force de ses poignets. Et ses poignets François les utilisaient beaucoup.
On peut, sans se tromper, dire que François était un manuel. Tout dans les mains mais également tout dans le cœur.

En réalité François était jardinier : je dirais même qu’il était Le Jardinier : le jardinier de tout le quartier.

Mais il faut que je vous explique. Notre quartier peut être qualifié de résidentiel. Il se situe, là-bas au sommet de la colline qui domine la ville. Cette ville qui s’étale à ses pieds a grandi bien vite faisant craquer l’enceinte des murs qui datent du moyen âge, une époque où l’on ne trouvait la quiétude du sommeil qu’à condition de se sentir enfermé derrière les grands murs.

Le quartier lui, ne s’est jamais laissé enfermer. D’ailleurs, à l’époque, il ne comptait que quelques rares fermes et quelques arpents de vigne. Ce sont d’ailleurs ces vignes qui lui ont donné son nom : la montagne des vignes : le Rebberg.

La ville s’était mise à grandir, le jour où l’on compris que désormais les canons étaient devenus capables de renverser les murs les plus épais, alors pourquoi des murs, dites-moi ?

Dans ses conditions, pourquoi s’enfermer, se cloîtrer, se priver de bon air, justement le bon air de la colline.

Et l’on commença à construire de plus en plus de maisons. Des maisons pour les gens riches bien sûr. Des maisons installées sur de grands terrains, non pas des cultures mais des gazons. Puis vinrent les garages pour les voitures et même des piscines.
Alors ça vous étonne quand je vous dis que le quartier est résidentiel ?

Mais voilà, pour être beau, un gazon doit être entretenu, le jardin doit être haut en couleur, donc planté avec plein de fleurs.

On avait donc besoin d’un jardinier.
C’est ainsi que François commença à creuser son trou.
Il travaillait dur et les gens du quartier avaient l’impression «  d’en avoir pour leur argent »

Et lentement, à force de rendre service, à force de travail bien fait, François finit par devenir indispensable.
On osait lui confier les clefs quand on partait en vacances, non seulement pour que le jardin soit arrosé, mais la présence de François dissuadait les cambrioleurs et le quartier connu la tranquillité.

Il suffisait qu’il entende un petit bruit et François montrait sa tête en dressant son cou.

Le cou du Père François !

D’ailleurs, il faut le dire, François ne travaillait pas totalement gratuitement. Un jour, il avait longuement réfléchi avant d’annoncer ses tarifs

Le coût du Père François. Je vous l’avais dit !

Les années passèrent, emportant sa jeunesse. On aurait dit que la terre prenait un malin plaisir à devenir de plus en plus basse. Alors François prit l’habitude de faire une petite sieste sur le banc devant sa maison.

Le quartier donne sur un petit bout de forêt. Une forêt qui abrite quelques animaux, des chevreuils, quelques faisans, des renards et même des blaireaux. Mais il n’existe pas de forêt sans oiseaux et de temps à autre l’un d’entre eux s’enhardissait jusque dans le jardin du Père François. Vous avez deviné j’espère. Allez je vous vous aider à deviner. Disons qu’il venait faire un petit coucou à son copain.

Le coucou du Père François

Maintenant, François dort là-bas dans le cimetière autour de l’église fière de donner refuge à un personnage aussi célèbre. Alors chaque heure l’église encourage son horloge à saluer le Père François avec quelques grands coups.

NB : le coup du père François est une expression reconnue. Voir sa signification en cliquant sur le lien                                                                          http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/Faire%20le%20coup%20du%20père%20François

Questionnement

Questionnement.

A la question :

« comment allez-vous ? »

Je répondrai :

«  je vais comme vont les gens de mon âge. Un peu moins vite certes, et ce n’est pas à cause de la sagesse. Non ! Il y a des jours où j’ai mal aux pieds.
L’autre jour un ami me disait :

« Il m’arrive encore de courir après les jeunes filles, mais j’ai oublié pourquoi. »

A la question :

« comment vous portez-vous ? »

Je répondrai avec un petit sourire en coin :

«  ça va. Je me supporte encore !
Ce n’est pas pour faire de l’esprit. Oh que non ; mais comment voulez-vous que l’on se porte quand le sexe a disparu ?
Je m’explique : je parle du sexagénaire bien sûr, maintenant je fais partie des septua .
Des septuagénaires,  et c’est : le « génaire » qui sauve la situation, car le fait de générer me donne bonne conscience ; je me sens moins parasite.

A la question :

« Vous faites quoi ? »

Je répondrai que je fais tout et rien. Avant, quand j’avais la pression, je faisais plein de choses et surtout beaucoup de vent.
Maintenant,  l’ouragan s’est transformé en brise, forcément petite et étant moins balloté, je me laisse bercer par un doux Zéphir. Ce n’est pas l’envie qui manque, mais c’est que le temps a rétréci.
Avant, une chose à peine terminée, j’en attaquais une autre. Maintenant, j’ai du mal à terminer. Il manque toujours un petit truc, alors je ne suis jamais totalement content. La seule chose que je finis correctement, c’est mon assiette !
Quand l’appétit va, tout va.
Bon œil, bon pied, c’est beau, mais une bonne bière, un bon petit moment passé avec un bon ami cela compte aussi.

A la question    :
Avez vous des projets d’avenir ? »

Je répondrai :
Je vais essayer de mourir en bonne santé. Ce serait dommage de laisser gâcher les derniers beaux jours par un quelconque bobo. D’ailleurs mourir de « bobologie » cela ne fait pas sérieux. C’est comme mourir d’un rhume. Ça fait rigoler.
On m’a toujours cru plus vieux que mon âge c’est pourquoi on ne m’a jamais demandé ma carte d’identité pour aller au cinéma.

A la question des bons moments, je répondrai qu’il m’arrive de plus en plus souvent de rêver, et c’est amusant que les gens croient que je fais un petit somme alors qu’en réalité ; je feuillette derrière mes paupières closes, les albums photos du passé.
J’y retrouve des visages disparus depuis longtemps. J’y vois des sourires crispés comme s’ils devaient durer pour l’éternité.
Au détour d’une page, surgit parfois une odeur qui vient flatter mes narines. Parfois ce sont des cris et des rires qui viennent me réveiller. Alors, je me redresse, je me redresse droit dans le présent avec dans la bouche comme une odeur d’autrefois.

A la question

Que faites vous maintenant ?
Je vous répondrai simplement :
J’attends vos réactions.

Vous acceptez les chèques ?

– Vous acceptez les chèques ?

– Bien sûr que oui !

Alors l’homme sortit son chéquier et le posa sur la table. Puis, il prit son stylo : pas n’importe quel stylo. Un stylo à plume avec une réserve d’encre.

Avec ces stylos-là, on ne gribouille pas : on écrit. Je dirais presque que l’on écrit avec une certaine solennité. Ces stylos-là, il faut les respecter, il faut les apprivoiser. Ces stylos-là rêvent d’éternité. On ne les jette pas une fois épuisés, comme l’on fait avec ces stylos de rien aux couleurs criardes, tout en plastique.
Ces stylos-là, se courtisent, s’apprivoisent, se rechargent et ce n’est qu’à condition de se sentir aimés qu’ils acceptent de vous suivre sur les chemins de votre inspiration.

« Je vous dois combien ? »

A l’énoncé de la somme, le stylo commence sa promenade qui termine par un point que nous qualifierons de final.

Alors, le chèque libellé, l’homme referme le capuchon de son stylo qui retrouve illico sa place dans la poche intérieure de la veste.

Puis, il plie le chèque pour l’arracher dans les règles de l’art, c’est-à-dire correctement, sans bavure…

Et l’homme remarque : « tiens c’est le dernier chèque. 
Il faudra que j’avertisse ma banque pour qu’elle m’en prépare un nouveau chéquier. »

Geste tellement banal qu’on se demande pour quelle raison en faire tout un plat.

Geste tellement banal qu’il a fini par être détrôné par un simple bout de plastique que d’aucuns appellent « carte de crédit »

Ce n’est plus le stylo qui indique la somme par sa danse gracieuse et graphique, mais une série de « Bip » qui attestent la validité de votre code secret.

Signe des temps

Et pourtant…

Quand la vie m’a demandé mon premier chèque, c’est parce que je venais de faire une chute. Mon bras cassé en tout petits morceaux, a certes été réparé, mais non sans peine, sans séquelles non plus.
C’était là mon premier chèque sur ma vie.

Le deuxième chèque m’a été demandé par surprise.
«  Mon cher ami, vous êtes diabétique. Fini les petits gâteaux, terminées les confitures, et je ne parle ni des glaces ni surtout des pâtes de fruits.

Il a fallu faire un chèque pour continuer.

Le troisième chèque, ô combien douloureux, m’a été soutiré par le chirurgien qui venait de passer quelques heures à essayer de remettre de l’ordre dans les fils qui commandent mes jambes.

Mais le chien avait été le plus fort et mon chèque avait un gout de coup de bâton dans l’eau.

Et puis ce fut le tour du cœur qui s’emballe pour un rien et les choses les plus simples deviennent de plus en plus inaccessibles.

L’autre jour, j’ai encore fait un chèque, et, comme l’homme de mon histoire banale, je me suis rendu compte que le nombre des chèques commençait à diminuer dangereusement.

Il faudra que je demande à ma banque de tenir à ma disposition un nouveau chéquier…

On peut toujours rêver.

Au fait, si vous avez une bonne adresse, ne m’oubliez pas.
Je vous filerai peut-être un chèque pour vous dédommager.

Qui sait ?

Et demi

Et demi…

« Moi, j’ai cinq ans et demi ! »

 Il se dresse devant moi de toute la hauteur de sa petitesse ; visage souriant, un tantinet sérieux. Des cheveux en boucles comme des chevaux sauvages qu’il faudra dompter.

« Je vais à l’école maternelle, mais je suis dans la classe des grands »

Dans son regard, comme une fierté.                                                                 Chez les grands, vous entendez ! Finis les petits qui pleurent quand la maman les dépose devant le portail.

Chez les grands ! Maintenant je fais partie de ceux qui savent peindre sans mettre de la peinture partout. Je fais partie de ceux qui savent découper avec les ciseaux à bouts ronds.

« Et l’année prochaine j’irai à la grande école »Un enfant tout en devenir, comme un bouton de fleur qui ne demande qu’à s’épanouir.

Mélange d’insouciance et d’impatience.

Cinq ans et demi. La précision est de rigueur. Et il part au boulot comme un grand en donnant sagement la main à sa maman.

« Au fait, ça lui fait quel âge à cette maman qui tient la main du petit ?

Oh ! elle doit être dans la quarantaine. Elle a eu son fils sur le tard. Maintenant, les jeunes n’ont pas d’autre solution que de rester chez leurs parents le temps de trouver un emploi. Vous voyez, moi, je ne voudrais plus être jeune. De notre temps, je pense que la vie était plus facile, mais nous ne nous en rendions pas compte »

Sur le banc, il y a … ?

Attention aux mots que vous allez choisir !
Il y a deux messieurs ?
Deux personnes âgées ?
Deux vieux : pourquoi ne pas le dire carrément ?
Deux papys ?
Oui, papy ; ça me plait, deux papys. Papy ça fait gentil. Papy ça sent les bonbons, les petits gâteaux, les promenades au bord du ruisseau, les glaces que l’on sculpte à grands coups de langues.

Ils sont là, un peu voûtés par l’expérience de leur vie.           L’expérience est ce qui reste quand il faut savoir passer la main.

Place aux jeunes !
 L’expérience est la seule vraie richesse des anciens, leur grande fierté. Transmettre son expérience….Un rêve, car on ne transmet jamais rien. Il incombe à chacun de faire ses propres expériences. C’est une illusion que de vouloir faire l’économie de la confrontation. Celui qui ne s’est jamais brûlé le bout des doigts ne connaîtra jamais la vraie puissance d’une simple allumette.

« Au fait, cela te fait quel âge   ?
Je vais sur mes quatre-vingt-deux ans et demi »

La précision est de retour. 
Comme si l’on voulait profiter de la moindre goutte de soleil, du moindre coin de ciel bleu. Demain sera demain. Mais nous avons le temps. Nous ne sommes plus pressés

Et pendant que la dame dans la quarantaine conduit son fils à l’école maternelle classe des grands, pendant qu’elle avance fièrement dressée sur des talons pointus, pendant qu’elle marche dans un nuage d’imprécision qui lui fait bénéficier de l’avantage du doute, dans la cour de l’école et sur le banc là-bas, nous guette le monde de la précision.  Un monde où se côtoient l’impatience et l’envie de durer.

Et par-dessus tout ça, jouant à cache-cache avec les nuages, un grand soleil éclatant.

Un soleil qui compte notre temps.

Le premier

Le premier.

Oh ! une maman  est toujours un peu fière, fière de son fils, fière sans vouloir se l’avouer, mais elle avait ressenti au fond d’elle, une grande joie, car son bébé avait été le premier, oui, le premier à marcher.

Cet enfant-là avait un je-ne-sais-quoi, quelque chose d’inexplicable. Il avait des mots  bien au-dessus de son âge. Ce petit corps abritait un esprit différent des autres, un esprit, je dirais même supérieur. Mais n’allez pas le répéter, car chaque maman est sûre d’avoir enfanté le plus beau  des bébés.

Pourtant, celui-là, était un enfant pas comme les autres, un tantinet plus réfléchi, plus sérieux, non pas triste, ça non ! car il savait rire à pleine gorge, mais comment vous dire, on le sentait plus sûr de lui.

D’ailleurs, l’école allait confirmer cette impression, car, là aussi, il fut le premier, le premier à savoir lire, le premier à savoir compter, le premier à la course, le premier au concours de dessin organisé par la caisse d’Épargne de la ville.

Sa voie était toute tracée. Au lycée, il fut encore le premier : premier en latin, en mathématiques, en géographie et, le jour de la distribution des prix, il fallait le voir, les bras chargés de livres.

Un enfant qui avait bien du mérite. Un enfant qui donnait  bien des satisfactions et, vous n’allez peut-être pas me croire, mais sa maman se sentait toute petite  et grandie à la fois par le prestige et la renommée de son fils.

Il fut le premier à l’université, évidemment : le premier à obtenir son doctorat, et quand vint la guerre, il fut le premier à s’engager, le premier à être décoré.

C’était une journée grise, au ciel bas. Novembre et ses brouillards avaient envahi la campagne.

La guerre venait de se terminer, quand on entendit soudain le claquement sec d’un coup de fusil.

Il s’écroula.

Pour une fois, oui, pour une fois, il avait été le dernier.

cinq cent

500.

Il y a quelques mois, nous vous informions qu’un groupe de chercheurs composé d’historiens et de sociologues avait entrepris une étude sur les relations entre intelligence et argent.

Ce groupe vient de publier ses premières conclusions :

A)

On a pu mettre en évidence qu’un homme intelligent devient parfois riche. Le phénomène est tellement rare qu’il exige des études complémentaires.

B)

Les chercheurs n’ont par contre jamais réussi à mettre en évidence un quelconque accroissement positif de l’intelligence d’un individu sous influence d’un billet de 500 (*)

Il semblerait même d’après certains, que le billet provoque une nette régression du QI

Affaire à suivre

NB

  • dans leur volonté de ne pas limiter cette étude au seul continent Européen, les chercheurs avaient pris la précaution de ne pas affubler le 500 d’une quelconque valeur monétaire. Vous avez donc tout loisir de penser francs, dollars ou Euro.

Et demi

Et demi…

« Moi, j’ai cinq ans et demi ! »                                                                                           Il se dresse devant moi de toute la hauteur de sa petitesse ; visage souriant, un tantinet sérieux. Des cheveux en boucles comme des chevaux sauvages qu’il faudra dompter

« Je vais à l’école maternelle, mais je suis dans la classe des grands »

Dans son regard, comme une fierté.                                                                          Chez les grands, vous entendez ! Finis les petits qui pleurent quand la maman les dépose devant le portail.

Chez les grands ! Maintenant je fais partie de ceux qui savent peindre sans mettre de la peinture partout. Je fais partie de ceux qui savent découper avec les ciseaux à bouts ronds.

« Et l’année prochaine j’irai à la grande école »Un enfant tout en devenir, comme un bouton de fleur qui ne demande qu’à s’épanouir.

Mélange d’insouciance et d’impatience.

Cinq ans et demi. La précision est de rigueur. Et il part au boulot comme un grand en donnant sagement la main à sa maman.

« Au fait, ça lui fait quel âge à cette maman qui tient la main du petit ?

Oh ! elle doit être dans la quarantaine. Elle a eu son fils sur le tard.Maintenant les jeunes n’ont pas d’autre solution que de rester chez leurs parents le temps de trouver un emploi. Vous voyez, moi, je ne voudrais plus être jeune. De notre temps, je pense que la vie était plus facile, mais nous ne nous en rendions pas compte »              Sur le banc, il y a … ?

Attention aux mots que vous allez choisir  Il y a deux messieurs ?Deux personnes âgées ? Deux vieux : pourquoi ne pas le dire carrément ? Deux papys ?
Oui, papy ; ça me plait, deux papys. Papy ça fait gentil. Papy ça sent les bonbons, les petits gâteaux, les promenades au bord du ruisseau, les glaces que l’on sculpte à grands coups de langues.

Ils sont là, un peu voûtés par l’expérience de leur vie.             L’expérience est ce qui reste quand il faut savoir passer la main

Place aux jeunes !
L’expérience est la seule vraie richesse des anciens, leur grande fierté. Transmettre son expérience….Un rêve, car on ne transmet jamais rien. Il incombe à chacun de faire ses propres expériences. C’est une illusion que de vouloir faire l’économie de la confrontation. Celui qui ne s’est jamais brûlé le bout des doigts ne connaîtra jamais la vraie puissance d’une simple allumette.

« Au fait, cela te fait quel âge   ?                                                                                     Je vais sur mes quatre-vingt-deux ans et demi »

La précision est de retour.
Comme si l’on voulait profiter de la moindre goutte de soleil, du moindre coin de ciel bleu. Demain sera demain. Mais nous avons le temps. Nous ne sommes plus pressés

Et pendant que la dame dans la quarantaine conduit son fils à l’école maternelle classe des grands, pendant qu’elle avance fièrement dressée sur des talons pointus, pendant qu’elle marche dans un nuage d’imprécision qui lui fait bénéficier de l’avantage du doute, dans la cour de l’école et sur le banc là-bas, nous guette le monde de la précision.  Un monde où se côtoient l’impatience et l’envie de durer.

Et par-dessus tout ça, jouant à cache-cache avec les nuages, un grand soleil éclatant.

Un soleil qui compte notre temps.