Le bonheur du jardinier.

L'autre jour, je discutais avec mon ami Marc.
Nous parlions jardinage.

Le matin même, j'étais allé faire un tour au marché pour acheter mes provisions.
Je me suis arrêté devant un stand et j'ai bien regardé.
Le marchand proposait 3 grosses têtes de salade pour 2 euros.

Moi, je ne vous le cache pas, je me suis dit qu'à ce prix-là, ce n'est vraiment plus la peine de jardiner. Quand on pense à tout le travail, aux arrosages presque quotidiens….

Le soir donc, nous en avons discuté.
Marc m'a répondu :

" la question de la rentabilité du jardin est un faux problème.
Jamais, nous autres petits jardiniers nous ne pouirrons rivaliser avec les maraîchers.
Ils disposent de semences différentes, de machines beaucoup plus performantes. Ils en vivent. Il faut donc que leur travail soit rentable.
Notre travail de jardiniers ne sera jamais rentable au sens financier.
Notre, ou mieux, nos récompenses sont d'une tout autre nature.
Le goût d'une carotte fraîchement tirée du sol, celui d'une tomate que l'on déguste presque vivante, celui d'un fruit mûr qui vient flatter les papilles, voilà qui justifient amplement nos gouttes de sueur et les soirées de mal de dos.

 

Alors, je repensé à un. texte que j'avais écrit, un jour après une discussion stérile avec mon voisin.

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Alors, j'ai sorti un appareil photo.
J'ai disposé sur une assiette quelques échantillons de tomates que j'avais récoltées le jour même, et j'ai repensé à tous les gestes que j'avais fait et qui m'ont conduit de la pince à épiler avec laquelle j'ai confié mes graines à la terre, jusqu'à la main qui cueille le fruit mûr
Et j'ai ressenti un bonheur

 

Et oui, la vie n'est qu'une suite d'instants dont chacun est oh combien solennel
Une suite de petits bonheurs.