Les vraies urgences ( Noël en Alsace)

Une seconde, c’est une seconde.
Une minute, c’est une minute.
Une heure, c’est une heure.

Le temps passe comme un cœur qui bat.
C’est du moins ce que je croyais, moi aussi, jusqu’au jour où j’ai compris.

Le temps fixe, le temps régulier, le temps immuable… Laissez-moi en douter.
Il se semble que nous sommes éternellement en attente de quelque chose et que l’attente confère au temps une certaine élasticité.

Dans quelques jours, les Américains vont voter.
Cela fait des mois que la campagne électorale fait rage.
Une sacrée maladie qui se moque des frontières.
Dans quelques semaines, ce sont les français qui sont appelés aux urnes.
Et puis, c’est comme la grippe, la maladie électorale va faire le tour du monde et comme la Terre est ronde, la maladie reviendra au point de départ pour entamer un second tour…

Chacune est libre de se faire sa propre opinion, moi je dis :

 ATTENTION, IL Y A PLUS URGENT.
NOËL APPROCHE.

Permettez-moi de vous raconter Noël  en Alsace en version originale. (V.O.)
Ce serait dommage de se priver de la sonorité de nos mots en dialecte alors, j’ai décidé de leur rendre hommage en les habillant de parenthèses, traduction immédiate bien sûr.

 

 

Dès que l’on parle de Noël, les Alsaciens sont partagés. On a d’un côté les nostalgiques et de l’autre les modernistes.

Les « Friàher » (les autrefois) contre les « Hetta » les aujourd’hui.

Chacun défend sa paroisse, mais tout le monde tombe d’accord pour considérer que Noël, « d’Wienachta »   est la fête la plus importante du calendrier.
 

A Noël, on réunit la famille.
Pour Noël, on met les petits plats dans les grands.
« Fer d’Wienachta  gunscht d’r ebbis. » 
Pour Noël on se paie une folie.

Il y en a même qui « lossa der Labi los » «  disons dans le langage actuel, ceux qui s’éclatent un bon coup.
Mais toujours avec la ferveur de circonstance.
 

Les Alsaciens ont tellement conscience de l’importance de Noël qu’ils ont réussi un tour de force unique : rendre le temps élastique.

Suivez-moi : il est impossible en théorie de ralentir ou d’accélérer le temps. D’r Guschti vous dira : 

« A Viertelstund met d’m a schehna Maïdla un à Viertelstund bim Dentiste esch immer nur fufzehm Minuta»

Un quart d’heure avec une belle fille et un quart d’heure chez le dentiste, ce ne sont en réalité que quinze minutes.

 

Alors vu que le temps est incompressible, il n’y a qu’à le prolonger des deux côtés.

Vers l’avant en se réjouissant ; vers l’arrière en évoquant les souvenirs : « waïsh noch » tu te rappelles !

 

Et c’est ainsi que Noël commence immédiatement après Saint Nicolas.

Noël : la fête de la lumière.
Tout le monde est d’accord sur ce point là, mais Noël c’est également la fête des odeurs.
Cela commence avec l‘odeur des « Bredla » les petits biscuits que l’on prépare. Et c’est tout une histoire que ces « Bredala .»

On prépare une pâte aussi fine que possible.
Certains en prélèvent une partie pour la colorer avec un bon coup de cacao.
Alors on étale la pâte « met d’m Wàlholz » le rouleau à pâtisserie et l’on découpe qui des étoiles, qui des lunes, des sapins aussi.
Il n’y a pas de limite à la fantaisie. Chaque épouse  possède son petit carnet de recettes léguées par les ancêtres.
En fabriquant ses « Bredla », c’est un coup de chapeau que l’on donne aux générations passées.

 

La tentation de déguster les « Bredla » est grande.
On aimerait les goûter les uns après les autres, mais c’est dans une boîte en fer-blanc qu’ils vont attendre sagement.

« Sa wara besser wenn sa a betzi elter send »

Ils sont meilleurs en vieillissant un peu.

 

Je n’ai jamais cru cette affirmation et je me faisais un devoir de contrôler régulièrement la progression de la maturation. 
Cela bien sûr jusqu’au jour où ma mère s’en apercevait.

 

Après l’odeur des « Bredla », voici celle du sapin : une odeur puissante car le sapin, on allait le chercher directement dans la forêt, du moins quand le village possédait un bois.

Décorer le sapin est encore tout une histoire.
Je me souviens  du Henri qui fabriquait des étoiles avec la paille qu’il avait ramassée, juste avant les moissons.
Il avait de la patience cet homme-là et il s’arrangeait pour de jamais faire deux étoiles semblables.

Fabriquer les décors de Noël était chose courante.
On emballait des noix dans du papier argenté récupéré sur les tablettes de chocolat.
On peignait des glands avec de la couleur dorée ; il y en a même qui suspendaient à leur sapin des jouets miniatures réalisés avec la scie à découper le contre plaqué. Mais le plus important c’est le « Schpitz » la pointe ; celle qui trône tout en haut.

« Friaher » (naguère) on n’avait pas de boules : c’est carrément des oranges et des pommes bien rouges (les pommes de la Saint Nicolas) que l’on suspendait aux branches et pas n’importe où. Non, les boules servaient à lester les branches afin de pouvoir y fixer bien droit les bougies, de vraies bougies traditionnellement rouges.

Les partisans du « Hetta » – de modernité – vous diront que les bougies, c’est dangereux et qu’il vaut mieux mettre des guirlandes.
Je ne dis pas non ; il y eut certes de temps à autre un incendie, mais essayez voir de souffler une guirlande électrique !

Chez nous, les parents avaient trouvé un truc infaillible pour coucher les enfants.
Un truc très simple : voilà les gosses étaient chargés d’éteindre chaque soir les bougies.
Comme récompense, ils avaient droit de déguster une friandise récupérée sur l’arbre.

Là, il faut que je vous dise que même si je suis plutôt du côté des nostalgiques, je dois admettre que l’apparition des petites bouteilles en chocolat contenant une gorgée de liqueur a certainement marqué un progrès décisif ! Depuis cette invention, on ne peut plus capitale, mon sapin porte autant de bouteilles en chocolat que de boules. Question de goût dans tous les sens du mot.

Chaque famille préparait donc son sapin. Et le sapin était le reflet de son propriétaire.
Il y a les sapins multicolores avec un débauche de couleurs et il y a les sapins un peu plus humbles qui se contentaient de deux couleurs.
Pour le mien, j’ai toujours choisi le rouge et le doré.

 

Le sapin, c’est important. C’est comme si on ouvre la porte à un ami qui vient passer les fêtes avec vous. Mais le plus important ce sont les cadeaux que l’on dépose au pied du sapin. Car en Alsace, c’est bien à Noël que l’on offre les cadeaux aux enfants et pas pour les étrennes du jour de l’an.
Encore une de ces inventions des « Franzosa » – des Français de l’intérieur.

 

Je ne me souviens pas de grand repas de Noël. Non chez moi, c’est à dire dans ma famille, le salon restait fermé jusqu’à 20 heures. C'est la grosse horloge qui donnait le feu vert. Alors, on ouvrait la porte du salon et les gosses étaient tout éblouis par tant de lumières. On chantait quelques chansons à l’ancienne. On chantait vraiment. On ne passait pas un quelconque disque et si d’aventure la famille comprenant un musicien, il sortait qui son accordéon qui son violon. Non pas de clairon : le clairon, cela fait trop militaire  voyons !

On chantait «  il est né le divin enfant » et l’on finissait presque immanquablement par entonner en chœur « Stille Nacht Heilige Nacht » le douce nuit sainte nuit en allemand qui prouve que même si la guerre  a laissé des marques profondes, le jour de Noël, on sait pardonner.

 

Après la découverte des cadeaux ponctuée d’exclamations de bonheur, maman servait un kouglof ou alors quelques « Manala » des bonshommes en brioche. Un verre de vin chaud pour les adultes et un peu de cacao pour les enfants. Et, vers minuit, on prenait la direction de l’église pour assister à la messe que dis-je, aux trois messes de minuit. La messe se terminait en point d’orgue (si vous me permettez cette expression) quand « dr Maxi » Max, le mari de Juilette, chantait le Minuit chrétiens du haut du balcon.

Je me suis souvent demandé qui pouvait bien prévenir Saint Pierre, qui dit-on, est chargé de la météorologie, mais je me souviens que les premiers flocons de neige prenaient un malin plaisir à tomber sur le chemin du retour. Et c’est fatigués, mais heureux que nous allions vite nous  cacher sous nos draps, les pieds bien au chaud sur une bouillotte pendant que des fleurs de  givre s’épanouissaient sur les fenêtres.

 

Les festivités reprenaient le lendemain. C’est le jour où l’on recevait la famille.
Alors après l’apéritif d’usage – le Suze citron ou le guignolet kirsch, on dégustait le pot au feu ses «  saladlas », suivi d’une bouchée à la reine avec des quenelles et de ris de veau, avant d’attaquer de pied ferme la « Suppahuan » – la poule et sa garniture.

Pas de fromage à l ‘époque car il fallait laisser de la place pour la bûche ou alors extrême luxe, la torche aux marrons ou le « nègre en chemise ».
Je me souviendrai toujours de ce nègre en chemise, savant mélange de purée de marrons cuits et épluchés deux fois, et de chocolat noir le tout moule dans un récipient ventru.

La chemise : ce n’était que de la crème Chantilly savamment déposée à la poche à douille.

N’oubliez pas le café et le « Schnaps » à les alcools blancs. A l’époque, on n’avait pas encore inventé les alcotests.

 

Mais ce n’est pas fini, car les Alsaciens ont le privilège de fêter le 26 décembre la Saint Etienne, jour férié qui fait bien des jaloux du côté de Français.
Alors soit en allait en visite chez les membres de la famille que l’on n’avait pas encore revu … depuis la veille ou alors, on mangeait les restes. J’ai le souvenir de langue de bœuf fumée avec sa salade de pommes de terre ou alors une simple palette de porc fumée (faut savoir rester simple non ?)

 

Voilà, à l’époque Noël n’avait pas encore cette odeur d’argent, cette couleur de paillette, ces sons de CD numériques. On ne rêvait pas de caviar et de saumon fumé, et je pense que l’on était tout au moins aussi heureux que maintenant.

 

Mais il me plait à évoquer une histoire qui est bien incrustée dans ma mémoire. C’est l’histoire que racontait mon père.

C’est l’histoire d’un Noël de la dernière guerre quand, au-delà, des ordres de l’état major, au-delà des rancœurs et des vengeances, le soir de Noël des deux côtés de la frontière, là-bas dans les tranchées, les soldats avaient déposé leurs armes et avaient entonné un Douce nuit Sainte Nuit auquel avait répondu un « Stiele Nacht Heilige Nacht » chanté par des soldats qui pour l’espace d ‘un instant étaient redevenus des hommes.

Le miracle de Noël diront certains.

 

 

 

mannalas

Ce sont les mannala qui annoncent l'arrivée de Noël. Chaque année, ils apparaissent un peu plus tôt dans les vitrines des pâtissiers

 

arrangement-noel

On a ramassé les éléments qui permettront de réaliser des arrangements de Noël

 

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Henri a fabriqué ses étoiles de paille

 

sapin

En rêve déjà du sapin que l'on installera dans le salon

 

 

LES SALADES : Généralités

INTRODUCTION

Le mot « salade » possède comme beaucoup d’autres mots, plusieurs significations.
Au sens propre, il désigne à la fois un ensemble de plantes  ainsi que des préparations culinaires.
Mais le mot « salade »  sous entend aussi une notion de « mélange » sans ordre apparent, si bien que le mot a également un sens figuré : une sacrée salade !

LES SALADES DES CUISINIERS.

Salades : sens culinaires.

Chaque mot possède des références visuelles et, quand on parle de salade, on évoque souvent l’image d’un saladier contenant de la laitue.
Par associations d’idées, le mot « salade » désigne donc des légumes servis avec une sauce dont la plus célèbre est la sauce vinaigrette.

Les salades de carottes, de radis, de concombre etc… constituent une famille de préparations culinaires regroupées sous le terme de « crudités ».

Il existe cependant un terme qui n’a été forgé que récemment : les « cuidités ».
La consonance entre les deux mots crudités et cuidités est évidente.
Rien de bien nouveau, sauf le mot en lui-même.
Il y a bien longtemps que certaines personnes éprouvent des difficultés à manger des crudités (problèmes de dentition).
On a donc adapté la texture de certains légumes en leur faisant subir une cuisson totale ou partielle, afin de faciliter la mastication. (Exemple : carotte). Le cuisinier peut donc moduler la  fermeté en jouant sur la durée de la cuisson.
On  utilise également d’autres techniques.
Prenons l’exemple de la préparation d’une salade de chou rouge cru.
Pour attendrir les feuilles, on utilise quelques petits «  trucs » simples.

– on les taille en julienne très fine.
– on soumet cette julienne à l’action du sel.
– on ajoute également du vinaigre (cuisson par acidité) pour renforcer l’action du sel tout en  rehaussant la couleur.
Cette technique de préparation peut durer plus ou moins longtemps : quelques heures voire quelques jours.

Une fois attendrie, la julienne est rincée pour éliminer l’excès de sel avant d’être servie avec une sauce appropriée.

Crudités et  cuidités  jouent un rôle important dans notre alimentation. Apport de vitamines, forte teneur en eau, acidité, fonction apéritive,  rôle de ballaste alimentaire, apport en fibres …

Autres salades :

Pour rester dans les légumes, signalons la salade de pommes de terre – aussi désignée par l’expression : « pommes de terre à l’huile et au vinaigre. »
La salade de pommes de terre varie beaucoup d’une région à l’autre. Plus on va vers les pays de l’Est, plus on trouve des variétés de salades de pommes de terre : choix de sauces différentes, ajout d’autres éléments (cornichons, betteraves rouges…)

Le mot salade  ou l’expression «  en salade » désigne aussi un mode de préparation et/ou un mode de présentation.

Notons pour simple mémoire :

– les salades de riz.
– les salades de pâtes.
– les salades de viandes.
– les salades de charcuteries.
– les salades de produits de la famille des poissons, crustacé
– sans oublier la simple salade de fruits crus ou cuits.

Premières conclusions :

Il ne faut pas négliger les rôles des salades dans l’alimentation générale et la préparation des menus en particulier.

Signalons que dans certains pays, il est de coutume de commencer le repas par des salades, dans d’autres, les repas se terminent par la salade.
Notons également que sauf exagération, les salades à base de légumes sont peu caloriques (ne mettez donc pas une tonne de cerneaux de noix ect…). Elles permettent donc de « remplir» une partie de l’estomac qui ne pourra plus accueillir des aliments plus caloriques d’où l’importance des salades dans certains régimes.
Autre point important : la teneur en eau.
Salades et potages possèdent des rôles similaires : ils apportent une grande quantité d’eau.

 

LES SALADES DES JARDINIERS.

Cuisiniers et jardiniers sont indubitablement liés par les lois de l’offre et de la demande.
Pourquoi produire des salades, s’il n’y avait pas de demandes ? Comment les cuisiniers pourraient-ils varier leurs réalisations, s’il n’y avait pas  de nombreuses offres ?
Les mariages de raison sont souvent les plus durables.

La demande :

Elle est importante à 2 points de vue : quantitative et qualitative.

Quantitative :

L’augmentation de la consommation de salades est un phénomène relativement récent. Il est vrai que la valeur nutritive des salades n’a pas laissé de traces qu’une quelconque bataille pour la salade !
Les salades ne correspondent pas aux besoins fondamentaux de la nutrition humaine. On peut donc considérer que l’importance accordée à la «  salade » est d’apparition récente.

N’empêche que l’évolution est là. Après avoir essayé de régler les problèmes en approvisionnement des produits fondamentaux, l’Homme mangeur par obligation est devenu mangeur par plaisir.
La peur de mourir par manque a fait place à la peur de mourir trop jeune par excès !
L’Homme a pris conscience du problème de sa survie face à toutes les tentations qui le guettent.

Qualitativement :

Je dirais, un sourire aux lèvres :

On ne va quand même pas manger tous les jours des frites !

C’est juste pour vous faire sourire. Celui qui a faim, n’a pas le souci de manger quotidiennement la même chose. Il mange. Il ne dit rien, car on ne parle pas la bouche pleine.
L’humoriste Jean-Marie Bigard parle dans l’un de ses sketchs, de la hantise du manque d’appétit qui est selon lui, à la base de notre besoin de nous souhaitez «  bon appétit ».

Il semblerait donc que la salade soit un de ces aliments qui agrémentent l’acte nutritionnel. On a bien sûr cherché à étayer ce fait pas des raisons éminemment scientifiques.

Toujours est-il que l’on mange de plus en plus de salades ce qui entraine des conséquences logiques :

– il faut produire de la salade dans toutes les saisons.
– il faut essayer de varier les goûts, les couleurs, les formes, tout ce que l’on désigne aussi par les qualités organoleptiques.

 

Produites en plein air, en serre froide, on serre chaude, forcées dans des souterrains ou des caves, les salades sont présentes tout le long de l’année. On s’achemine même vers de nouvelles techniques à savoir la production de salades dans des « usines » dans lesquels des ordinateurs contrôlent tous les paramètres de production de salade sur des tissus arrosés de solutions  nutritives.

 

Nb : à quand l’apparition de la nostalgie de la salade de pissenlit sauvage ?

L’offre est devenue très vaste :

Le printemps offre d’une part, des laitues qui ont été plantées avant l’hiver et qui en profitent pour se présenter dès les premiers beaux jours.
Viennent ensuite les mois de mai et de juin avec les laitues, les fameuses reines de mai, etc…

L’été pose quelques problèmes de résistance à la montée en graines et de résistance à la chaleur et au manque d’eau.

L’automne apporte son cortège de salades de la famille des endives scaroles…de mâches.

L’hiver est consacré au forçage de certaines espèces Witloof, barbe de capucin, rouge de Vérone…

J’aimerais évoquer en quelques mots quelques espèces possédant des particularités  comme la chicorée pain de sucre.
J’ai appris à la connaître parce qu’elle est traditionnellement cultivée en Alsace où les températures hivernales passent souvent loin en dessous du zéro.
Mon père cueillait dans le jardin, des salades gelées, dures comme des briques.
Nous les faisions dégeler dans de l’eau froide avant de les tailler en lanières.
La salade retrouvait sa jeunesse et son goût.

Pour mémoire :

Ne pas oublier qu’un certains nombre de salades se mangent également cuites : exemples laitue braisée et potage Choiseul.

 

Illustrations photographiques provisoires © papy Jipé

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Déclinons : un nouveau genre : le déclinatif

Je décline, tu déclines…nous déclinons.

La culture est, paraît-il, ce qui reste quand on a tout oublié.

J’ai dû oublier pas mal de choses déjà.
Il me semble avec quelques années de recul, que la soi-disante culture générale comporte tout un arsenal, j’allais dire un fatras, de choses qui encombrent la mémoire et qui ne servent en définitive qu’à entretenir une illusion.

Les Français cultivés ! On m’en reparlera.

Tenez, un exemple : les logarithmes népériens, ça vous dit quelque chose les logarithmes népériens ?
Et pourtant, on nous a nourris de logarithmes népériens, on nous a gavés de logarithmes népériens.
Et bien la seule chose dont je me rappelle, c’est que les logarithmes népériens ça ne se mangent pas, et que les logarithmes népériens ça ne nourrit pas son homme exception faite des professeurs de mathématique, et encore !

Idem pour les déclinaisons.
C’était la bête noire les déclinaisons.
Nominatif, génitif, accusatif, datif… J’en passe et des meilleurs.

Le nominatif, passe encore. Il faut bien nommer les choses dont on veut parler.

Le génitif, ça sent mauvais ; on ne se méfie pas assez du génitif surtout depuis que l’on cultive des OGM.
Pas claire, cette histoire de génitif !

L’accusatif, oui, je reconnais que c’est encore à la mode surtout du côté des commissariats de police et des tribunaux. L’accusatif, ça peut servir et l’on s’en sert beaucoup.

Quant au datif, nous le laisserons aux fabricants d’agendas électroniques et autres calendriers.

 

N’empêche que la déclinaison revient en force. J’ai vu récemment que le constructeur Renault déclinait sa gamme en berline, commerciale, monospace, cabriolet.
Lors du dernier salon de la lingerie de nombreuses marques déclinaient leurs fabrications en soutien-gorge, bustier, push-up, culotte, slip ou string.

Les déclinaisons sont revenues en force. Elles sont  au goût du jour. Comme d’ailleurs les mots en « tif ».

On a toujours pris l’apéritif et au besoin on passait à la pharmacie pour acheter un laxatif plus rarement un carminatif.
Pour la Saint Valentin, on se fendait d’un pendentif. Mais voici que les préservatifs se veulent sensitifs, voilà que la politique prend un caractère de plus en plus vomitif, et que les programmes de la télévision qui se veulent de plus en plus, comment dire attractifs, deviennent, disons le mot : chiatifs !

 

Que voulez-vous il faut savoir évoluer avec son temps.
Ne voici pas que mon coiffeur, qui n’est pas un homme à couper les cheveux en quatre, a changé d’enseigne. Désormais il s’appelle « créatifs » sa femme qui tient aussi salon s’étant réservée l’appellation « positifs »

 

Les Tifs sont partout. Une histoire à vous faire dresser les cheveux sur la tête.
Il n’y a que deux échappatoires.

On peut toujours adopter une coupe à la Fabien Bartès.

Mais on peut aussi, et je ne m’en prive pas,

décliner l’offre de la modernité.

Mes frères restons attentifs !

 

 

Le Monsieur et la laisse

Il existe des gens que l’on connaît sans les connaître vraiment.

On se dit « bonjour ou bonsoir », on parle du temps, rarement de politique. On parle de la progression des saisons, puis on se quitte sur un «  à demain ». ou sur « une bonne journée »…

Mais on ne sait même pas le nom de son interlocuteur.
On se doute qu’il habite vaguement le quartier. On se rencontre chaque jour, à peu près à la même heure, sur le même itinéraire…..

Je veux vous parler du Monsieur avec le Labrador blanc. Un chien costaud, bien plus gros que le mien et comme ce sont deux mâles, nous nous saluons, chacun bien en sécurité sur son trottoir pour éviter une éventuelle bagarre, car le Labrador du Monsieur tout comme le mien, se disent bonjour avec une sorte de grognement qui ne laisse présager rien de bon.

J’ai fait la connaissance du Monsieur le jour où j’ai mis la première fois une laisse à mon chien.
Il n’a pas aimé du tout être attaché à une laisse, alors il faisait des bonds de cabri, aboyait d’une petite voix plaintive et se tordait dans tous les sens pour essayer de se débarrasser de son maudit collier.

Puis, les choses rentrèrent dans l’ordre. On finit toujours par s’habituer surtout le jour où il comprit qu’au retour de la promenade vidange, je lui présentais sa gamelle avec des croquettes, un peu de viande fraîche ou alors, délice des délices, un peu de pâté tiré d’une boîte.
Je n’ai jamais compris pourquoi mon chien adore tellement la nourriture des boîtes et je soupçonne que les fabricants ont dû chercher à se renseigner sur les goûts et les odeurs qui flattent le nez et le palais de la gente canine.

Voilà, on dit : réglé comme du papier à musique…

Nous nous rencontrons. chaque jour, à la même heure, presque au même endroit.

Alors la discussion s’engage :

– Ça va ?
– Ça pourrait aller mieux.
– Vous avez vu ce temps ?
– 
Je préfèrerais un bon coup de froid à cette grisaille qui n’en finit pas. 

Rien que des choses importantes, essentielles, vitales car on n’a rien à se dire et pourtant, au fil des années, je ne raterais pour rien ce rendez-vous quotidien et, si par aventure, l’un de nous est retenu par des obligations, l’autre sent comme un manque.

– Vous étiez malade hier ?
– Non, j’étais chez le vétérinaire…..

Et cette relation, de visu, durait depuis des années.
Elle nous mettait en quelque sorte hors du temps. le temps semblait glisser sur nous. Oh, bien sûr, il y avait bien un cheveux  gris ici et là, un de nos compagnons qui boitait d’une patte, mais il y se dégage de ce genre de relation comme un sentiment de sécurité, d’immuabilité.
Je n’ose pas dire d’éternité.

Et pourtant, l’autre jour, j’ai rencontré le Monsieur sans son chien.
En regardant bien, j’ai vu qu’il tenait une laisse à la main. Je pensais que le chien gambadait dans le parc, et comme je me rapprochais, je vis que le Monsieur avait des larmes plein les yeux.

Il me confia qu’il venait de conduire son chien chez le vétérinaire… pour la dernière fois.
Je ne sus que répondre car des larmes se mirent à couler sur mes joues.

Et maintenant, depuis quelques jours déjà, nous continuons  à nous rencontrer, à la même heure, mais sur le même trottoir. Le Monsieur m’a demandé s’il pouvait caresser mon chien…

L’autre jour, j’ai vu qu’il continuait à se promener sa laisse dans la main.
Nos regards se sont croisés.
Personne n’a dit le moindre mot.

Les vraies douleurs sont vraiment muettes.

SALADES ROUGES : AUTOMNE HIVER

Petite histoire  en guise d'introduction :

 Ma petite fierté de jardinier me pousse, chaque fois que possible,  à faire moi-même mes plants àpartir des graines achetées ou échangées avec des amis.

Alors, en période creuse, je feuillette donc les catalogues et je vais me promener sur le net pour récolter des informations.
L’autre jour, (enfin c’était au mois d’août) j’ai fait un petit tour dans une grande surface pour jardiniers. Mon attention a été attirée par des plants de salades qui me paraissaient vigoureux.

L’étiquette comportait une seule indication : salade rouge.
Ce n’était pas « bézef » (le mot est admis par Larousse.)

J’ai donc appelé un responsable qui m’a avoué ne pas en savoir d’avantage.
J’ai donc, par simple curiosité, acheté une dizaine de plants.
Et voilà qu’ils se sont mis à grandir, grossir. On aurait dit de véritables choux rouges très serrés.
Je suis content bien sûr, mais j’ai quand même pesté contre tous ceux qui ne nomment pas les plantes par leur nom.
Bien sûr, impossible de retrouver le nom à effet rétroactif !

Voilà, comment j’ai été conduit à me pencher sur les salades rouges d’automne et d’hiver.

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La salade rouge dont je cherche le nom. Ce qui la distingue ce sont les feuilles très serrées comme chez  un chou rouge.

Pourquoi des salades rouges ?
 

Et bien là, c’est le cuisinier qui parle.
Je pense qu’il y a plusieurs raisons d’utiliser les salades rouges.
 

La couleur :

Elle permet la préparation de salades multicolores. (vert clair, vert foncé, blanc, jaune, rouge)
 

Le goût :

J’ai souvent remarqué que les salades rouges possèdent une petite amertume qui n’est pas désagréable du tout.

Leur saisonnalité :

Il est vrai que les salades rouges commencent à être bien accueillies par les cuisiniers ; cela encourage bien sûr les jardiniers à essayer d’en  produire tout le long de l’année.

 

Planter des salades rouges.

Je ne suis qu’un petit jardinier amateur et, de ce fait, je ne me permettrais pas de donner une quelconque leçon. Je vais tout simplement vous raconter mes expériences avec leurs réussites et leurs déboires aussi.

Premiers essais:

J’ai fait mes premiers essais, en achetant un paquet de graines de salade « rouge de Vérone ».
Semis classique, suivi d’un repiquage.
J’ai été étonné par la longueur des feuilles (presque 40 cm).
Les feuilles étaient d’un vert plutôt foncé.
J’ai goûté.
J’ai failli être dégoûté. Une amertume insupportable !
J’ai donc ignoré mes salades jusqu’en automne.
J’ai laissé les racines dans le sol et coupé les feuilles à 2 cm au-dessus du collet.
J’ai recouvert d’une couche de feuilles mortes.

C’est ainsi que j’ai pu suivre l’apparition de feuilles d’un rouge foncé qui commençaient à former de petites pommes.

Première amélioration :

C’est souvent le hasard qui vous fait un clin d’œil.
L’année suivante, j’ai refait des rouges de Vérone comme indiqué ci-dessus, mais voilà, il restait quelques plants de mâches.
Au moment de préparer ma salade, j’ai cueilli un peu de mâche et j’y ai ajouté quelques feuilles de salade rouge.
J’ai bien dit quelques feuilles. Je n’ai donc pas arraché mes plants de salade rouge ; je me suis contenté de prélever quelques feuilles du pourtour. Et mes salades ont continué à pousser. C’est ainsi que j’ai récolté de la salade rouge pendant des semaines.
J’avais tout simplement découvert que la salade repousse (enfin les feuilles) et que l’on peut prolonger la production.

 

On passe en INDOOR.

Un jour je suis allé faire un reportage sur la production des endives Witloof. (voir ICI).
Au cours de la discussion, le cultivateur m’a parlé de son frère qui produisait de la salade rouge dans ses caves c’est à dire par forçage. Le renseignement n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd et, la saison suivante, j’ai déterré une partie des racines de mes salades rouges.
Je les ai mises dans des caisses et j’ai ajouté un peu de tourbe.
Le tout dans un endroit sombre et tiède de la cave. Un peu d’eau de temps en temps.

Résultats : j’ai cueilli pendant quelques semaines des salades rouges dans ma cave.

J’étais très fier et, pour la petite histoire, j’ai également tenté ma chance avec des racines de pissenlit. J’ai obtenu du barbe de capucins extra.

 

Dans ma cave Barbe de capucin et rouge de Vérone


Il réussit dans une simple caisse

1/2 caisse de rouge de Vérone 1/2 caisse de pissenlit Vous mangez de la salade en plein hiver
1/2 caisse de rouge de Vérone 1/2 caisse de pissenlit
Vous mangez de la salade en plein hiver

 

Vous mangez de la salade en plein hiver[/caption]

Une belle production pendant des semaines

La suite :

Obtenir des résultats c’est encourageant.  Cela donne envie de tenter de nouvelles expériences.
J’ai vécu l’anecdote de la salade rouge dont j’ai parlé en introduction de cet article et je me suis donc mis à la recherche d’autres informations.

Je vous les livre à l’état brut.
 

Mes expériences pour l’année 2017.

J’ai remarqué que les salades rouges viennent souvent d’Italie. Je pense qu’elles se regroupent sous l’appellation Radicchio.
J’ai pointé qu’il existe des salades précoces pour une production automnale et des salades tardives.
Je vais tenter l’expérience.


Mes essais porteront sur :

Radicchio di Chioggia
Rouge de Trévisse
Rouge de Véronne
Rouge de Vérone tardive
Grumolo Rossa
Variegata di Castelfranco.

Si vous aussi vous êtes amateurs de salades rouges, je vous propose d’échanger nos expériences. D’avance merci.

 

Documents trouvés sur Internet

 

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Recette : salade mélange, rouge, endives, noix.

 

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Salade rouge du jardin.

 

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On taille les feuilles en julienne.

 

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Les endives Witloof sont également taillées en julienne.

 

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Vinaigrette à base d'huile de noix. Vinaigre selon choix.
Cerneaux de noix.

 

Bon appétit

 


 

 

LES RADIS D’AUTOMNE

Présentation des radis.

Pas de jardin sans radis !
Radis au pluriel bien sûr, parce qu’il existe plein de sortes de radis.

Des radis de toutes les couleurs : du blanc au noir et passant par le rose, le rouge, le violet…

Des radis de toutes les formes et de toutes les tailles, des petits radis ronds du printemps, en passant par le radis glaçons du début de l’été, des radis longs appelés "Ostergruss", aux radis volumineux violet et noir d’automne.
A chaque saison ses radis.

Aujourd’hui, nous allons parler des radis d’automne.

En Alsace, pour disposer d’une récolte en automne qui se prolonge parfois jusqu’en  hiver, il faut semer les radis au mois d’août. L’idéal est de les semer en association avec de la salade : scarole ou frisée, car le mariage est réussi. Les radis  viennent espacer les salades et ces dernières assurent un peu d’ombre pour permettre aux radis de pousser sans trop de problème si la fin d'été est chaude.
 

Le jardinier expérimenté aura remarqué que s’il sème les radis trop près les uns des autres, ceux-ci resteront de taille moyenne. Dès que les radis disposent d’assez de place, ils peuvent devenir volumineux (j’ai récolté des radis pensant plus de 1.5 kg/pièce)

Ce n’est pas d’ailleurs la taille qui fait la qualité du radis, car trop gros, ils sont souvent attaqués par des vers, voire creux.

Le radis a besoin d’eau et de chaleur. Quand ces deux facteurs sont réunis, il pousse rapidement. La rapidité de la croissance influence d’ailleurs le goût. Plus un radis pousse rapidement, plus il sera doux. Par contre un radis qui pousse très lentement devient très piquant.

Pour l’automne, je sème des radis de plusieurs espèces

– le violet de Gournay :

Peau violette. Racine longue. Chaire blanche. Peu piquant quand il  a une croissance rapide.

– le radis noir poids d’horloge ou rond

Peau noire, matte. Forme oblongue ou ronde. Chaire blanche. Peut devenir très piquant. Se conserve bien durant l’hiver, quand on le met dans du sable humide pour éviter le dessèchement.
Bien qu’un jardiner soit fier d’avoir de beaux radis volumineux, l’expérience prouve qu’un gros radis peut, en cas de chaleur, devenir rapidement creux.

Les vertus des radis :

Le radis possède un large éventail de vertus.
C’est un de ces légumes qui accompagne l’humanité.
Les Egyptiens en étaient très friands.

Voir les liens vers les articles spécialisés. Il ne sert à rien de recopier internet. J'ai sélectionné quelques articles intéressants.

Radis : leurs bienfaits (ICI)
Radis noir : (ICI)
Radis (ICI)
Radis doctissimo (ICI)
Voir aussi article de papy Jipé (ICI)

 

Sans être spécialistes, on reconnait aux radis des vertus apéritives.
Il est souvent servi en hors d’œuvre. Il "ouvre" l'appétit.
Il existe également une recette qui appartient à la pharmacopée de nos campagnes.
Pour calmer une toux récalcitrante, les ménagères râpaient du radis noir. Puis elles saupoudraient avec de sucre. Le sucre faisait dégorger le radis. Il se formait un sirop que l’on faisait boire au malade.

Utilisation du radis en cuisine :

Ce sont essentiellement des utilisations à froid.

Le radis en tranches fines au sel.

– on épluche le radis avec un couteau économe ou un rasoir à légumes. Comme ces outils enlèvent de fines tranches, on continue, l’épluchage terminé, à les utiliser pour découper le radis en tranches aussi fines que possible.
– on fait dégorger avec un peu de sel.

La salade de radis :

C’est un grand classique de la cuisine alsacienne. La salade de radis fait partie du cortège des salades qui accompagnent le pot au feu.

– éplucher le radis. (Attention ! La peau peut être ligneuse)
– le râper à la machine.
– dégorger légèrement au sel.
– le rincer rapidement.
– préparer une petit sauce en mélangeant du vinaigre et un peu de crème.
– ajouter le radis râpé.
– laisser mariner.

Le radis chaud :

Bien que l’on déguste essentiellement les radis sans les cuire, il existe pourtant des recettes de radis cuisinés.

Pour être franc, je n’en ai essayé qu’une : celle des radis glacés.
 

Radis glacés :

L’adjectif « glacé » n’a aucune signification au niveau température. Il n'est utilisé que pour désigner un mode de cuisson.

– Prendre de petits radis rouges.
– laver, enlever la racine, couper les feuilles.
– les mettre dans un sautoir
– couvrir à hauteur avec de l’eau froide.
– ajouter, sel, sucre et un morceau de beurre.
– laisser cuire en surveillant le niveau d’eau.
Il faut adapter le niveau d’eau au degré de cuisson de façon à ce qu’il n’y ait plus d’eau quand les radis sont cuits.
– à ce moment, le sucre et le beurre forment un caramel qui vient enrober les radis comme s’ils étaient entourés d’une couche de glace d’où le nom « glacés ».

C’est surprenant. On aime, ou l’on n’aime pas.

Il existe également des cuisiniers qui préparent une purée de pommes de terre en y ajoutant du radis.

Commentaires du chef :

J’utilise les radis aussi souvent que possible.
De par leurs formes, ils se prêtent facilement à la confection de décors (radis en forme de fleur…)

J’ai remarqué une association qui mérite d’être signalée : l’association de radis et de whisky.
Essayez de croquer un radis au sel en buvant du whisky. Il se crée une association nouvelle très agréable.
Essayez plusieurs sortes de whisky. Personnellement j’ai trouvé que le whisky fumé ou tourbé donne les meilleurs résultats. (avec modération bien sûr – mention obligatoire).

 Illustrations photos © papy Jipé.

Elles seront enrichies au fur et à mesure…

 

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Radis violet de Gournay à recommander

 

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Radis noir poids d'horloge. Il existe aussi en forme ronde  Ce radis fait partie de la culture traditionnelle en Alsace. Il compte malheureusement parmi les légumes oubliés.

 

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Epluchage d'un radis noir avec un " rasoir à légumes"

 

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Le rasoir à légumes prélève de toutes fines lanières. On peut l'utiliser, une fois le radis épluché, pour tailler des tranches très fines. L'outil est très vite nettoyé

 

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Les vers, eux aussi, aiment le radis Ils creusent des galeries.

 

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La peau devient parfois ligneuse (comme du bois) Il ne faut pas hésiter à faire de grosses épluchures.

 

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Le radis a été épluché. Il sera râpé.
Ensuite, on va le faire dégorger avec un peu de sel, le rincer et le faire à mariner dans une petite sauce compoosée de vinaigre et de crème. Accompagne le pot au feu.


 

 

 

 

 

 

LE RAIFORT.

Présentation :

Le raifort est une plante très populaire dans les pays de l’Est.
Pas de viandes fumées, pas de choucroute, pas de pot au feu sans raifort.

La plante sauvage est commune dans les fossés ; le long de routes. Elle a besoin de beaucoup d’humidité.

Ses feuilles se voient de loin car elles mesurent presque 50 cm.

Bien sûr, le raifort sauvage produit des racines très divisées difficiles à travailler. On a donc amélioré le raifort afin de pouvoir le cultiver.

La racine plonge verticalement dans le sol. Il faut creuser un grand trou pour la récolter. Récemment on a trouvé un autre système de plantation. On plante les racines presque horizontalement ce qui facilite grandement la récolte.

En Alsace il n’y pas que de très rares producteurs de raifort.

Voir :

Préparation familiale du raifort.

Voir film Illustrations © papy Jipé.

 

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Le raifort le long des routes ou dans le jardin familial.

 

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La racine de raifort Il faut creuser pour la récolter.

 

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Il faut éplucher avec un couteau car la peau est épaisse et ligneuse.

 

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On prépare de la mie de pain trempée dans du lait.
On passe 1 minute au micro ondes.

 

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On râpe le raifort ( attention les yeux !) et on le mélange à la mie de pain.
Il faut laisser reposer car cela pique très fort.
On termine avec de la crème pour le mettre à son goût.

 

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Ou on l'achète tout fait en verre.
On a le choix entre du raifort naturel ou du fraifort adouci.

 

 

LA CHOUCROUTE. *

La choucroute *   

(voir ci-dessous explication du *)

Attention ne pas oublier de regarder les deux films en fin d'article

 

Mettons-nous dans l’ambiance.

Rien qu’à regarder la façade de restaurant, on sait qu’il se situe en Alsace.
La façade à colombages, les géraniums sur chaque rebord de fenêtre, jusqu’à l’enseigne en fer forgé, avec un nom bien de chez nous :  "au Cheval Blanc."

Entrons.
Pour se rendre dans la salle à manger, il faut traverser le bistrot. A l’heure qu’il est, il est vide. Vous seriez venus un peu plus tôt, vous auriez trouvé salle comble, car, à la sortie de la grand-messe, les hommes du village viennent « taper » une petite belotte en savourant un amer bière ou un petit quart de Riesling.

Le repas fut donc servi dans la salle du fond et, quand le plat apparut, il y eut tout d’abord un moment de silence, vite interrompu par des applaudissements.

La choucroute avait été bonne, excellente et copieuse…ce qui ne gâche rien !
Figurez-vous que tous les clients avaient mangé la même chose. Normal : c’était jour de plat unique d’un repas intitulé : « On tue le cochon ».

On avait mangé, mangé…et pourtant, on avait réussi à garder une petite place pour le dessert : vacherin glacé aux framboises.
Et le restaurateur n’avait pas eu la main légère sur la Chantilly !

Au moment de régler l’addition, le serveur se pencha vers un client et lui demanda :

– Monsieur, comment avez-vous trouvé la choucroute ?
Pas de chance, le client, pince sans rire répondit du tac au tac
– Je l’ai trouvée, par hasard, sous une saucisse ! ».

STOP ! Mon histoire est terminée, enfin presque.
Revenons sur terre ; je vous dois quelques explications.

Imaginez-vous que pour  faire de la choucroute, c’est un sacré travail. Voir (ICI)
Je ne vous parle pas du boulot quand il s’agit de tuer le cochon, de préparer le lard, les jambons, les boudins, les jarrets, les côtelettes, le collet, les palettes, la hure, la langue, les saucisses, les pâtés, les terrines, etc…

Et pourquoi tout ce travail ?

Mais voyons, c’est pour avoir des provisions pour l’hiver ; j’entends bien, pour tout l’hiver.
Croyez-vous les ménagères alsaciennes capables de servir en un seul repas, toutes ces provisions qui ont nécessité tellement de travail ?

Allons soyons raisonnables, la choucroute, celle que l’on vous sert au restaurant est bien loin de la choucroute que l’on mange habituellement. C’est la choucroute des cartes postales, des livres de cuisine et des guides touristiques. Ce sont les restaurateurs qui l’ont habillée de cet attirail. Un soupçon de choucroute sous une montagne de cochonailles.
Je ne dis pas que c’est mauvais. Que non ! 
Mais, c’est pour la fête, pas pour tous les jours.

EXPLICATION du fameux *

(*) cache la recette d’une choucroute simple, celle qui ne fait pas de chichi.

Ingrédients pour 4 personnes :

Il faut une viande qui au goût de fumée : 150g – 200g par personne (selon l’appétit)

– donc de 600-800 g de viande fumée (lard, palette fumée, rôti fumé)
– 4 saucisses fumées pour renforcer le goût.
– 100 g de gros oignon.
– 2 ou 3 gousses d’ail.
5 cl d’huile neutre ou  50 g de graisse.( saindoux ou d’oie)
– thym, laurier, baies de genièvre, carvi (appelé à tort cumin) poivre concassé,  feuille de laurier.
– 200g de pomme de terre par personne soit 800g allez hop 1 kg !
– éventuellement, vin blanc mais attendez !

et puis de la choucroute bien sûr

250-300 g par personne de choucroute crue.
Si vous avez le choix, prenez de la choucroute artisanale conservée au sel, mais n’allez pas acheter de la choucroute déjà cuite. Autant prendre directement des boîtes !

 

AU TRAVAIL :

IL faut d’abord dessaler la choucroute. Goûtez-là crue.
Si elle est vraiment trop salée, mettez-là dans une marmite avec de l’eau froide. Faites chauffer et arrêter dès les premiers bouillons. Puis rincer à l’eau froide.
Si la choucroute est moins salée, il suffit de la faire tremper quelques instants dans de l’eau chaude et de la rincer.

– commençons par parfumer notre récipient de cuisson ( je préconise une cocotte en fonte noire).
– chauffer, avec quelques gouttes d’huile ou un peu de graisse (saindoux ou d’oie)
– ajouter la viande afin qu’elle donne son goût puis réserver.
– suer les oignons et l’ail émincés.
– ajouter la moitié de la choucroute.
– poser viande et saucisses fumées sur la choucroute.
– baies de genièvre, poivre concassé, thym, laurier, carvi
– ajouter le reste de choucroute.
SURTOUT PAS DE SEL

– mouiller selon le goût (et la présence d’enfants)  avec du vin blanc sec ou de l’eau sur ¼ de la hauteur.
– laisser cuire environ 50 minutes.
– poser les pommes de terre épluchées sur la choucroute. Elles cuiront à la vapeur.
Vous pouvez aussi cuire les pommes de terre à la robe des champs.

 

Servir :

– en famille, on pose la cocotte sur la table.
– dresser sur un plat, la viande étant découpée.
– ou dresser sur assiette.

Accompagnement

– moutarde
– traditionnellement du raifort voir (ICI)

 

Commentaires du chef :

Quand je parle de viande fumée, vous avez le choix : collet, palette, rôti…ou faites comme moi, fumez vous-mêmes si vous en avez la possibilité. ( un futur article)
Quand je parle saucisses, vous avez aussi le choix : Montbéliard,  saucisses de Strasbourg.


La choucroute se réchauffe facilement.
MAIS ELLE NE SE CONGELE PAS.
En effet, la congélation de la choucroute cuite augmente le goût salé. Par contre, j’ai souvent congelé de la choucroute crue, quand j’en rapportais de mon pays. Mise sous vide, la choucroute crue ne laisse pas d’odeur dans le congélateur.
Il suffit de la décongeler pour pouvoir l'utiliser comme  la chocroute fraîche.

Pour rester sérieux, je dirais qu’il y a autant de façons de préparer la choucroute que d’Alsaciennes. Chaque cuisinier est sûr d’avoir la vraie recette. Mais en réalité, il ne détient que sa propre recette.

Bien sûr, je fais comme tout le monde. Je sais faire du cinéma !
Je vous prépare une de ces choucroutes en terrine qui vous fera rêver.
Mais ce sera pour une autre fois.
 

Le film de la recette illustration © papy Jipé

 

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Dans une cocotte saisir légèrement la viande fumée. Le but est de parfumer.

 

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Réserver la viande et faire suer (sans coloration) les oignons et l'ail

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Ajouter le moitié de la choucroute désalée, baies de genière, carvi, poivre concassé, thym laurier

 

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Remettre la viande et les saucisses fumées

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Ajouter le reste de la choucroute, les épices, puis mouiller.

 

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Après 50 minutes de cuisson ajouter les pommes de terre qui cuiront à la vapeur.

 

Papy a mis la choucroute en scène dans le film ICI
Et pour se prendre au sérieux cliquez ICI

LA BADIANE.

Badiane de Chine ou anis étoilé.

 

Introduction :

L’autre jour, je me promenais en ville quand je fus surpris par une odeur.
Si je savais faire des dessins animés, je dessinerais une espèce de petit nuage avec un sourire malin qui vient flatter les narines.
Et puis le petit nuage, se transformerait en  doigt, vous savez un doigt qui fait le signe … viens, viens, suis moi.
Mais voilà, je ne sais pas dessiner, alors  il me reste les mots.

Je pense que l’Homme possède un certain nombre de mémoires :

– mémoire visuelle.
– mémoire auditive.
– mémoire des senteurs olfactive
– mémoire gustative aussi (nostalgie des petits plats d’autrefois.)

L’autre jour, la petite odeur m’a entrainé faire un tour dans mon enfance.
Cela sentait le pain d’épices, vous savez, ces pains d’épices plats sur lesquels on colle une image…

Pain d’épices : le mot est bien joli.
On prépare un pain que l’on parfume avec des épices.
Ces épices-là, non seulement  sentent bon, mais elles viennent également piquer le bout de la langue et elles vous laissent dans la bouche, comme une odeur de fête, car le pain d’épices accompagne les fêtes.

Mon pain d’épices sentait Noël… voilà !

Présentation :

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de la badiane.
Le mot est connu par certains, mais dites anis étoilé, et les sourires vont fleurir sur les visages.

Car la badiane est connue non seulement à cause de son parfum anisé, mais aussi par sa belle forme en d'étoile.
La badiane est dite chinoise, car elle  vient de Chine.
Son nom scientifique : (Illicium verum).
Elle est le fruit d’un arbre qui peut atteindre 10 m. Les hommes grimpent pour aller cueillir les fruits à la main, quand ils sont encore verts.

Ensuite les fruits sont étalés pour être séchés au soleil. Ils changent de couleur et deviennent très durs.
Il y a deux récoltes par année, l’une au printemps, la seconde en automne.

Quand on l’observe, on voit que les graines sont enfermées dans des loges qui se regroupent par 8 pour former une étoile qui a un aspect de bois.
La badine est parfumée et en même temps belle. Dans les pays germaniques, où la fête de Noël a une grande importance, on fixe des badianes sur des bouquets en même temps que d’autres graines : clous de girofle, noix de muscade…
Ces bouquets embaument de façon naturelle.

A quoi sert la badiane ?

La badiane possède beaucoup de vertus :

– elle facilite la digestion. (stomachique)
– elle soulage les maux de ventre.
– elle lutte contre les diarrhées.
– elle supprime les ballonnements.
– elle chasse les gaz des intestins.(carminative)
– elle facilite la respiration des asthmatiques.
– elle parfume l’haleine.
– elle aurait une action contre les virus au point d’entrer dans composition d’un médicament dont on a beaucoup parlé lors des épisodes de grippe aviaire : le Tamiflu.

La badiane en cuisine :

La badiane fait partie  des rares produits qui ont un goût anisé.
Elle fait partie du mélange des 5 parfums, utilisé pour les farces et la cuisine orientale.
Elle entre dans la composition du mélange pour pain d’épices.
On l’utilise aussi pour en faire de petits gâteaux, et fabriquer des confitures.

O La badiane se vend entière ou réduit en poudre. Tout dépend de  son utilisation, mais les badianes entières gardent longtemps toutes leurs propriétés.
Et pourquoi ne pas un prendre un petit morceau pour le sucer comme un bonbon tout ce qu’il y a de naturel ?

Et pour terminer, je vous offre un coup à boire !

Du vin chaud… avec de la badiane bien sûr.

A moins que vous ne préfèreriez un verre de Pernod ou de Pastis…encore de la badiane.

Difficile d’échapper à la badiane. Non ?

 

Savoir plus cjiquez ICI

Illustrations photographiques © papy Jipé

 

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Badiane ou anis étoilé. Les plus belles formnt une étoile à 8 branches.

 

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Les graines sont enformées dans des "loges" qui se regroupent

 

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Gros plan dur les graines.

 

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On a sorti les graines de leur loge.

 

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Un fruit très utile : même en décoration.

 

 

 

 

 

CHOU FLEUR EN GRATIN.

Présentation du plat :

Un gratin peut constituer un plat complet dans la mesure où il intègre un produit carné.
Il peut également être servi comme accompagnement d’une viande ou d’un poisson.

Voici une version de chou fleur en gratin avec des lardons.

Composition du plat :


Chou fleur  + lardons + sauce Béchamel + gruyère râpé.

 

Ingrédients pour 4 personnes

 

– 1 chou fleur de taille moyenne (800 g)
– 200 g de poitrine fumée ou pas.
– 50 g oignon.
– 50 g de beurre.
– 50 g de farine.
– ¾ de l de lait.
– 150 g de gruyère râpé.
– sel, poivre, muscade

Réalisation :


Chou fleur

– il sera préparé et détaillé en bouquets selon sa conformation.
– les bouquets seront cuits à l’eau salée (départ chaud)
– garder les bouquets légèrement croquants
– rafraichir et réserver.

Sauce béchamel :

Elle sera « soubise » parce que nous y ajouterons des oignons.
– éplucher l’oignon.
– ciseler les oignons.
– faire fondre le beurre.
– faire suer les oignons dans le beurre (sans coloration).
– ajouter la farine et laisser cuire quelques instants.
– laisser refroidir.
– pendant ce temps chauffer le lait.
– verser le lait chaud sur le roux froid.
– remuer avec un fouet.
– laisser cuire pour faire épaissir.
– assaisonner en sel, poivre, muscade.

Lardons :

– acheter des lardons tout faits ou détailler la poitrine en lardons.
– sauter les lardons sans gras dans une poêle
– égoutter
– réserver.

 

Montage du plat :

– beurrer le plat avec un pinceau.
– verser un peu de béchamel.
– poser une couche de chou fleur dont les bouquets ont été taillés en tranches épaisses.
– ajouter quelques lardons.
– alterner couche de chou fleur, lardons et sauce béchamel.
– terminer par une couche de béchamel.
– ajouter le gruyère râpé.

Cuisson :

au four 180°
Pour terminer gratiner avec chaleur de la voute.

Servir très chaud.

Commentaires du chef :

Servir comme plat complet avec une purée, des pâtes et de la salade.
Plat économique.
Peut se préparer à l’avance pour être cuit au dernier moment.

Le film de la recette Illustration © papy Jipé

 

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Beurrer le plat à gratin avec un pinceau

 

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Verser une couche de béchamel ici soubise car enrichie en oignon

 

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Disposer une couche de chou fleur taillé en lames épaisses.

 

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Couche de béchamel et de lardons

 

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Terminer par une couche de béchamel et du gruyère râpé

 

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En travaillant plusieurs plats, on économise de l'énergie

 

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cuire au four à air pulsé 200°C ou four traditonnel
Terminer en gratinant avee la chaleur de la voute.